Six facettes en céramique, fines et translucides, posées côte à côte sur un fond noir.

Facettes dentaires en céramique : corriger la forme et la teinte.

Une facette permet de modifier la forme, la teinte ou les proportions d’une dent visible dans le sourire, lorsqu’une solution plus simple ne suffit pas.

Il s’agit d’une fine pièce de céramique collée sur la face visible de la dent. Elle s’ajoute à la dent existante, sans la remplacer ni, le plus souvent, en recouvrir tout le volume.

Le projet tient compte de votre visage, de vos gencives et de la façon dont vos dents se rencontrent, appelée occlusion. Il est défini avant toute préparation et peut être essayé en bouche lorsque c’est possible. Cette étape est importante : l’émail retiré pour préparer une dent ne se reconstitue pas.

Dr Jérémy Haccoun, chirurgien-dentiste Mis à jour le

Les repères essentiels

Voir un cas de deux facettes sur les incisives centrales

Est-ce le bon traitement ?

Dans quels cas envisager des facettes dentaires ?

Les facettes céramiques peuvent être envisagées lorsque les autres solutions ne permettent pas de corriger la forme, la teinte ou les proportions d’une dent.

Les situations les plus fréquentes sont une coloration persistante malgré un éclaircissement, une dent trop étroite ou trop courte, un bord usé, une légère malposition qui ne justifie pas à elle seule un traitement orthodontique, ou d’anciennes restaurations en composite devenues instables.

L’examen permet de déterminer si les facettes sont adaptées à vos dents et de les comparer aux autres possibilités. Vos attentes sont prises en compte, mais elles ne suffisent pas à elles seules à justifier le traitement.

Le sourire, avant et après

Un patient photographié à l’échelle du sourire, avant et après la pose de dix facettes sur les dents du haut.

Le sourire d’un patient avant le traitement : les dents du haut, plus jaunes et irrégulières.
Le même sourire après la pose de dix facettes sur les dents du haut.
AvantAprès
Le sourire avant et après la pose de dix facettes sur les dents du haut. Résultat individuel : il varie d’une personne à l’autre. Cas détaillé dans la galerie des cas cliniques.

Dans quels cas les facettes ne sont-elles pas adaptées ?

Dans certaines situations, la facette n’est pas la bonne réponse. Une gencive inflammée, une carie active ou une racine à traiter passent avant toute considération esthétique. Un bruxisme (serrement ou grincement des dents) non contrôlé expose la céramique à des contraintes importantes, que le choix du matériau ne compense qu’en partie.

Une demande qui porte sur la teinte seule relève d’un éclaircissement. Une dent très délabrée relève d’une restauration plus couvrante. Et lorsqu’il ne reste presque plus d’émail sur la face visible, le collage devient moins prévisible, ce qui fait perdre à la technique une grande partie de son intérêt.

Quelles sont les alternatives aux facettes ?

Avant d’envisager des facettes, plusieurs options sont étudiées selon ce que vous souhaitez corriger. La plupart permettent de retirer moins de tissu dentaire, voire de ne pas en retirer.

Éclaircissement dentaire
Modifier la teinte des dents naturelles sans retirer de tissu dentaire.
Orthodontie
Déplacer les dents pour améliorer leur position et réduire les corrections nécessaires. Dans certaines situations, elle peut éviter le recours aux facettes.
Composite injecté
Ajouter de la matière en retirant peu ou pas de tissu dentaire. Il peut être retouché, mais une approche additive n’est pas pour autant entièrement réversible.
Infiltration résineuse
Traiter certaines taches blanches sans réaliser de restauration.

L’examen permet de choisir l’option adaptée à la situation.

Préserver avant de restaurer

Pourquoi préserver l’émail lors de la préparation ?

La tenue d’une facette, comme celle de toute restauration adhésive, dépend notamment du tissu sur lequel elle est collée. Le collage sur l’émail est plus stable et plus durable que sur la dentine, la couche située en dessous. La préparation est donc conçue pour conserver l’émail.

Préserver un maximum d’émail, en particulier sur les bords de la préparation, est essentiel au comportement de la facette dans le temps.

Sous digue bleue, le collage d’une seule facette sur une incisive centrale ; un crampon métallique tient la digue, à droite.
Le collage d’une seule facette sur une incisive centrale, sous digue : la feuille bleue isole les dents de la salive le temps du collage, et les dents voisines ne sont pas touchées. La même facette, à l’essayage qui précède ce collage, est photographiée plus bas, dans « Une facette qui ne se voit pas ».

Le mock-up : essayer le projet sur vos dents

Le mock-up est une maquette provisoire qui reproduit le projet dessiné à l’avance directement sur les dents, sans les modifier. Il permet d’apprécier les futures proportions, le soutien des lèvres et la ligne du sourire avant de prendre une décision.

Cet essai guide aussi la préparation. Une dent en retrait ou trop petite peut nécessiter très peu de réduction. À l’inverse, une dent déjà située vers l’avant peut demander davantage de préparation pour éviter un résultat trop volumineux. La quantité d’émail à retirer est donc déterminée à partir de la forme finale recherchée.

Preservation Index

Une préparation minimale, mais réelle.

03 / 04

  1. 01Sans préparation
  2. 02Additif
  3. 03Préparation minimale
  4. 04Restaurateur

L’index situe ce qu’un traitement retire à la dent et ce qu’il lui laisse. La facette céramique se place au troisième niveau : une réduction d’émail faible et limitée à la zone à corriger, mais définitive. Un niveau plus bas ne désigne pas un meilleur traitement, seulement une autre indication.

Construire un résultat naturel

Le traitement se déroule en étapes séparées, sur plusieurs rendez-vous. Jusqu’à la préparation, il reste possible de s’arrêter ou de modifier le projet.

Les dents du haut en cours de préparation pour des facettes : des rainures de profondeur, marquées au crayon, sur chaque dent.
La préparation calibrée sur le projet, chez un autre patient : des rainures de profondeur sont tracées dans l’émail, puis marquées au crayon. La réduction s’arrête quand le trait disparaît : la dent est préparée à l’épaisseur prévue, et pas davantage.
  1. La consultation établit le diagnostic et compare les options.
  2. Les photographies et l’empreinte numérique servent à construire le projet.
  3. Lorsqu’il est indiqué, le mock-up le fait essayer en bouche.
  4. La préparation, lorsqu’elle est indiquée, est calibrée sur ce projet.
  5. Des restaurations provisoires permettent de vivre quelques jours avec les nouvelles formes.
  6. Les céramiques sont individualisées au laboratoire, essayées, puis collées.
  7. Un contrôle vérifie l’occlusion et les tissus.

Facettes feldspathiques ou e.max : comment choisir ?

Deux familles de céramique dominent. La céramique feldspathique est stratifiée à la main, couche par couche : c’est la plus translucide, et elle peut être réalisée en très faible épaisseur lorsque le support s’y prête.

Le disilicate de lithium, connu sous le nom commercial d’e.max, est pressé ou usiné, et mécaniquement plus résistant. Le choix dépend du support disponible, de la teinte de départ et du contexte fonctionnel, c’est-à-dire de la façon dont les dents se rencontrent et des forces qu’elles subissent. Ce contexte peut orienter le matériau, son épaisseur, le dessin de la restauration et parfois l’indication elle-même : une céramique plus résistante ne compense pas, à elle seule, des contraintes défavorables. L’article sur les facettes feldspathiques ou e.max détaille ce qui sépare ces deux matériaux.

Une céramique conçue dent par dent

Chaque facette est conçue individuellement pour reproduire les nuances, la translucidité et les caractéristiques optiques d’une dent naturelle.

Quatre facettes céramiques feldspathiques montrant leur translucidité
Facettes céramiques feldspathiques, réalisation personnalisée.

Comment obtenir des facettes au résultat naturel ?

Le naturel d’une facette repose sur plusieurs détails : sa texture de surface, la translucidité de son bord, sa transition avec la gencive et les légères asymétries du sourire.

Vue de côté des dents du haut sur fond noir, à l’essayage d’une facette sur une incisive centrale, à côté des dents naturelles : texture de surface, bords translucides, gencive.
Une seule facette, sur une incisive centrale, à l’essayage (le « try-in ») : posée sur la dent sans être collée, photographiée de côté sur contrasteur noir, pour valider l’esthétique avant la pose définitive. Texture de surface, translucidité du bord, transition avec la gencive : la facette se juge à côté des dents qui n’ont pas été touchées.

La teinte d’une dent varie entre la zone proche de la gencive et son bord. La céramique doit reproduire ces nuances pour éviter un aspect trop uniforme et s’intégrer aux dents voisines.

Le résultat s’apprécie dans l’ensemble du sourire, en particulier à côté des dents qui n’ont pas été traitées.

Combien de facettes faut-il prévoir ?

Le nombre de facettes dépend des dents visibles lorsque vous souriez, de leur teinte et de la transition entre les dents traitées et celles qui ne le seront pas.

Deux facettes peuvent suffire lorsque seules deux dents présentent une différence avec le reste du sourire. Un traitement des quatre incisives, ou étendu jusqu’aux prémolaires, se justifie lorsque le résultat recherché ne peut pas être obtenu autrement. Le nombre de dents traitées est donc défini à partir du projet, sans chercher à toutes les uniformiser.

Cas clinique

Un traitement limité à quatre facettes

Dans ce cas, une ancienne facette sur une incisive latérale déséquilibrait le sourire. Elle était trop large par rapport aux incisives centrales et présentait une teinte plus saturée.

Un éclaircissement ambulatoire de trois semaines a d’abord amélioré la teinte des dents. Les canines s’intégraient alors suffisamment bien au sourire pour être conservées sans restauration. Le projet esthétique numérique a confirmé qu’un traitement limité aux quatre incisives suffisait.

Une gingivectomie ciblée a rééquilibré le contour des gencives, puis quatre facettes céramiques feldspathiques ont corrigé les proportions des dents. Avant toute préparation, la teinte a été relevée selon le protocole eLAB, une méthode de mesure de la couleur par photographie calibrée. Ces informations ont été transmises au laboratoire pour assurer la continuité avec les dents naturelles voisines.

Sourire avant et après le remplacement d’une facette et la pose de quatre facettes céramiques feldspathiques sur les incisives

En pratique

Durée de vie des facettes et entretien

Aucune durée ne peut être garantie. La longévité dépend de l’occlusion, des habitudes comme le serrement des dents, de la régularité du suivi et surtout de la qualité du collage, donc de l’émail disponible. Au quotidien, les facettes s’entretiennent comme des dents naturelles : brossage, nettoyage entre les dents, contrôles réguliers.

Avec le temps, une facette peut se fêler, se décoller ou voir sa limite se colorer. Les contrôles permettent de surveiller les facettes et de repérer tôt une usure ou une complication.

Peut-on remplacer ou retirer une facette ?

Une facette collée sur un émail préservé peut, dans la plupart des cas, être remplacée seule, sans reprendre les dents voisines. C’est le principal argument pour une indication limitée plutôt qu’un traitement étendu.

La préparation, elle, n’est pas réversible : une dent préparée restera restaurée.

C’est pourquoi les étapes qui précèdent le collage existent. Diagnostic, projet, mock-up et provisoires permettent de renoncer ou d’ajuster tant que rien n’a été retiré.

Une facette céramique, feldspathique ou e.max, est facturée entre 1 100 et 1 400 € par dent, selon la complexité. Ce montant couvre l’étude, le projet, l’essai en bouche, la réalisation au laboratoire et la pose.

Un acte à visée esthétique ne fait pas l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie, et un devis détaillé est remis avant toute décision. Le tableau des honoraires présente l’ensemble des actes et les facteurs qui font varier chaque fourchette.

Une consultation pour des facettes à Levallois-Perret

La consultation se déroule au cabinet de Levallois-Perret, au 119 rue du Président Wilson. Elle commence par un examen de l’émail, des gencives et de l’occlusion.

Les photographies et l’analyse du sourire, complétées par une empreinte numérique lorsque le projet le justifie, permettent ensuite d’étudier les possibilités. Les alternatives sont comparées et un mock-up est proposé lorsqu’il est utile. Vous prenez votre décision après cette consultation, jamais le jour même.

Questions fréquentes sur les facettes dentaires

Les facettes abîment-elles les dents ?

Tout dépend de ce qui a été retiré. Une facette collée sur de l’émail préservé n’affaiblit pas la dent : elle s’y ajoute. Une préparation étendue, en revanche, retire un tissu qui ne se reconstitue pas. C’est la quantité d’émail retirée, et non la facette elle-même, qui compte pour la dent.

La pose est-elle douloureuse ?

Les photographies, l’empreinte et le mock-up ne le sont pas. Lorsqu’une préparation est nécessaire, elle est réalisée sous anesthésie locale. Après la pose, une sensibilité transitoire peut parfois survenir ; elle est généralement limitée et doit être réévaluée si elle persiste. Une légère sensibilité aux points d’injection de l’anesthésie peut également persister 24 à 48 heures.

Faut-il tailler les dents pour poser des facettes ?

Pas toujours, et jamais autant que pour une couronne. Lorsqu’une préparation est nécessaire, elle se limite à une fine couche d’émail, calibrée sur le mock-up. Une dent en retrait ou trop petite peut demander très peu de réduction. C’est l’examen et le projet qui le déterminent, pas une règle générale.

Chaque situation
demande son diagnostic.

Les informations de cette page sont générales. Seul un examen clinique permet d’indiquer un traitement et d’en préciser les bénéfices, limites et alternatives.

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