À retenir

  • Une gêne de couleur relève d’abord de l’éclaircissement ; une gêne de position, de l’orthodontie ; une gêne de forme, d’un composite ou d’une facette.
  • Commencer par ce qui ne retire rien à la dent peut réduire, voire éviter, les facettes.
  • L’ordre compte : aligner avant de préparer, éclaircir avant de choisir la teinte d’une restauration.

Qu’est-ce qui vous gêne : la couleur, la position ou la forme ?

C’est la première question de l’examen. Des dents jaunes mais bien formées, des dents de bonne couleur mais chevauchées, des dents petites ou usées : trois situations, trois réponses. Beaucoup de sourires combinent plusieurs gênes, et l’analyse les sépare.

Quand l’éclaircissement suffit-il ?

Quand la gêne porte sur la couleur de dents naturelles, sans défaut de forme. L’éclaircissement ne retire rien à la dent.

En Europe, les produits d’éclaircissement contenant plus de 0,1 % et jusqu’à 6 % de peroxyde d’hydrogène ne sont vendus qu’aux chirurgiens-dentistes. La première application de chaque traitement se fait par le praticien ou sous sa surveillance directe, et ces produits ne s’utilisent pas avant 18 ans.

Une sensibilité passagère est fréquente, quelle que soit la technique ; elle se gère en adaptant le rythme du traitement.

Ses limites : les couronnes, facettes et composites existants ne changent pas de couleur, et certaines colorations profondes y répondent peu.

Quand faut-il penser à l’orthodontie ?

Quand les dents sont mal placées : chevauchées, en retrait, en avant, séparées par des espaces. Des facettes peuvent masquer un léger décalage, mais une facette ne déplace pas une dent : sur une dent en avant, masquer demande de retirer davantage d’émail.

Aligner d’abord permet souvent de préparer moins, parfois de ne plus avoir besoin de facettes du tout. L’orthodontie n’est pas réalisée au cabinet : lorsqu’un alignement est indiqué, il est confié à un orthodontiste.

Ce n’est pas toujours le choix retenu : l’orthodontie demande du temps. Sur un cas du cabinet, un alignement avait été proposé avant huit facettes ; le patient ne l’a pas souhaité, et le projet a été construit sur la position existante des dents.

Quand les facettes deviennent-elles la bonne réponse ?

Quand la forme ou la teinte ne peuvent pas être corrigées autrement : dent trop courte ou trop étroite, bord usé, coloration que l’éclaircissement ne suffit pas à corriger, anciennes restaurations à reprendre. Pour un petit ajout de volume, un composite peut suffire, sans préparation.

Dans quel ordre, si plusieurs étapes sont nécessaires ?

Aligner, puis éclaircir, puis restaurer : c’est l’ordre le plus courant, parce que chaque étape change ce que demande la suivante.

Après un éclaircissement, la teinte continue d’évoluer quelque temps, et le collage sur un émail tout juste éclairci est moins efficace, ce que montrent les études de laboratoire. On attend donc avant de choisir la teinte d’une restauration et de la coller.

Un cas présenté sur la page des facettes suit cette logique : un éclaircissement de trois semaines a d’abord amélioré la teinte d’ensemble ; les canines s’intégraient alors assez bien pour ne pas être traitées, et quatre facettes ont suffi.

Questions fréquentes

Peut-on éclaircir des dents qui ont déjà des facettes ?

Les facettes ne changent pas de couleur. On peut éclaircir les dents naturelles autour, mais l’écart avec les facettes risque alors de se voir : mieux vaut éclaircir avant.

Des aligneurs peuvent-ils remplacer des facettes ?

Pour un problème de position, souvent. Pour une forme ou une teinte, non : ils déplacent les dents sans les changer.

Faut-il toujours commencer par un éclaircissement ?

Non : seulement si la couleur fait partie de la gêne, ou si des restaurations visibles sont prévues ensuite.

Références

  1. Directive 2011/84/UE du Conseil du 20 septembre 2011 (produits cosmétiques, annexe III : peroxyde d’hydrogène). Journal officiel de l’Union européenne, L 283 du 29 octobre 2011, p. 36-38. Ces règles figurent aujourd’hui à l’annexe III du règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques.
  2. Aidos M, Marto CM, Amaro I, et al. Comparison of in-office and at-home bleaching techniques: an umbrella review of efficacy and post-operative sensitivity. Heliyon. 2024;10(3):e25833. doi:10.1016/j.heliyon.2024.e25833
  3. Binalrimal S. Shear bond strength of a universal adhesive to enamel at immediate, 7-day and 14-day intervals after 40% hydrogen peroxide bleaching: an in vitro study. Bioengineering. 2026;13(9):1038. Étude de laboratoire : l’adhésion à l’émail restait inférieure à celle d’un émail non éclairci quatorze jours après le traitement. doi:10.3390/bioengineering13091038
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