À retenir
- Le mock-up transfère en bouche les formes dessinées sur le projet, à l’aide d’une clé en silicone remplie de résine provisoire. Rien n’est retiré, rien n’est collé : il s’enlève en quelques minutes.
- Il montre les proportions, la longueur des dents, le soutien des lèvres et le sourire en mouvement. Il ne montre ni la teinte ni la translucidité de la céramique, et il est un peu plus épais que le projet.
- Préparer « à travers » le mock-up permet de ne retirer que l’épaisseur que le volume final exige : dans la plus grande série publiée, cette méthode a gardé plus de 80 % des préparations dans l’émail.
Un mock-up, concrètement, c’est quoi ?
C’est une couche de résine provisoire, de la même famille que celle des dents provisoires, moulée sur vos dents à la forme du projet. Elle tient par simple emboîtement, sans colle ni préparation. On la regarde, on parle avec, on sourit, on photographie ; puis on la retire, et les dents sont exactement comme avant.
Le mot vient de l’anglais, où il désigne une maquette grandeur nature. On parle aussi d’essai esthétique ou de masque. Le principe est le même : rendre le projet visible avant toute décision irréversible.
Comment est-il fabriqué ?
Tout part du projet. Des photographies du visage et du sourire, une empreinte numérique et l’analyse des proportions permettent de dessiner les nouvelles formes : c’est l’étape que décrit la page consacrée au projet esthétique. Ce dessin est ensuite transformé en volume, le wax-up, une maquette des dents modifiées, conçue sur ordinateur puis imprimée en 3D.
Sur ce wax-up, on moule une clé en silicone, une sorte de gouttière souple qui garde en creux la forme des futures dents. Au cabinet, la clé est remplie de résine provisoire et posée sur les dents ; la résine durcit en quelques minutes, la clé est retirée, et le projet est en bouche. Les excès sont enlevés, les bords polis. Le mock-up peut aussi être imprimé directement, d’après le projet numérique, et simplement posé.
Le tout tient dans une séance. Le mock-up fait partie du projet : il n’est pas facturé à part.
Que voit-on avec un mock-up qu’une photographie ne montre pas ?
Le projet dans la vie réelle. Une simulation sur écran montre un sourire figé, de face, sous une lumière donnée. Le mock-up se regarde sous tous les angles, au repos et en parlant : la longueur des dents quand les lèvres sont relâchées, la façon dont elles soutiennent la lèvre supérieure, ce qui se voit quand on rit, la place que prennent les dents plus larges dans le visage.
Il sert aussi à entendre : allonger des incisives peut modifier certains sons, et l’essai permet de le vérifier avant plutôt qu’après.
Enfin, il donne la parole. Une dent un peu trop longue, un bord trop régulier, des formes trop identiques : ce qui gêne se dit devant le miroir, et le projet est corrigé sur place ou repris au laboratoire. C’est souvent à ce moment que se décide le nombre de dents à traiter, ou qu’on choisit de ne pas traiter.
Que ne montre-t-il pas ?
La couleur. La résine du mock-up est opaque et d’une teinte standard ; la céramique définitive sera plus translucide, plus nuancée, et sa teinte se choisit à part, par mesure photographique. Un mock-up qui paraît trop blanc ou trop mat ne dit rien du résultat final.
L’épaisseur exacte. Un mock-up moulé dans une clé en silicone est un peu plus épais que le projet dont il vient : de l’ordre de deux à quatre dixièmes de millimètre selon les mesures publiées. Il donne la forme et la longueur, pas l’épaisseur de la future céramique.
La surface et les bords. Le mock-up n’est pas poli comme une céramique, il ne passe pas sous la gencive, et il peut être irrégulier au collet. Ce qu’on juge, ce sont les volumes et la direction du projet, pas la finition.
Comment guide-t-il la préparation des dents ?
Une facette a besoin d’une certaine épaisseur, et cette épaisseur doit être prise sur le volume final, pas sur la dent telle qu’elle est. Si le projet ajoute du volume, une partie de l’épaisseur de la facette est déjà « disponible » dans ce qui a été ajouté ; il ne reste à retirer que ce qui dépasse.
Pour le faire, on prépare à travers le mock-up : de petits sillons de profondeur connue sont creusés dans la résine, et la dent n’est réduite que là où ces sillons l’atteignent. Là où le mock-up est épais, la dent n’est pas touchée. C’est ce qui permet de rester dans l’émail, la couche qui colle le mieux.
Une équipe qui a suivi 580 facettes pendant douze ans avec cette méthode a pu garder plus de 80 % des préparations dans l’émail. Dans ce sous-groupe, 99 % des facettes étaient encore en place à la fin du suivi, contre 94 % quand seuls les bords restaient dans l’émail. Une dent préparée à main levée, sans guide, expose la dentine bien plus souvent. Un cas du cabinet montre cette démarche sur deux incisives.
Peut-on garder le mock-up ?
Non, pas tel quel : il n’est pas collé, il est fragile, et il n’est pas fait pour manger avec. Il s’enlève en fin de séance. Quand un traitement est engagé, ce sont des provisoires, faits sur le même projet, qui prennent le relais entre la préparation et la pose.
Pour le composite, la clé change de rôle : quand la correction se fait par composite injecté, une clé transparente moulée sur le projet guide la matière, qui reste en bouche dès la fin de la séance. Il ne s’agit plus d’un essai, mais du traitement lui-même.
Et si le mock-up ne plaît pas ?
C’est précisément à cela qu’il sert. Le projet est retouché, refait, ou abandonné, sans qu’une dent ait été touchée. Il arrive que l’essai montre qu’un éclaircissement suffit, ou qu’un alignement donnerait plus qu’une facette : l’article sur les alternatives décrit ces situations. Un mock-up qui conduit à ne rien faire a rempli son rôle.
Questions fréquentes
Le mock-up est-il compris dans le prix des facettes ?
Oui. Le montant d’une facette couvre l’étude du cas, le projet et son essai en bouche, comme l’explique l’article sur le prix des facettes.
Faut-il un mock-up pour un composite ou seulement pour des facettes ?
Le projet est utile dès que la forme des dents change, quel que soit le matériau. Pour un composite injecté, un essai en résine provisoire peut précéder le traitement lorsque c’est indiqué ; la clé transparente sert ensuite à transférer en composite les formes retenues. Ce sont deux étapes distinctes.
Le mock-up abîme-t-il les dents ?
Non. La résine s’emboîte sur les dents sans préparation ni colle, et se retire en quelques minutes. Les dents sont ensuite nettoyées et polies.
Peut-on sortir avec le mock-up pour le montrer à ses proches ?
Parfois, pour quelques heures, si sa tenue le permet et sans manger avec. C’est à décider avec le praticien selon le cas ; une photographie et une courte vidéo prises au cabinet remplissent souvent le même rôle.
Références
- Magne P, Magne M. Use of additive waxup and direct intraoral mock-up for enamel preservation with porcelain laminate veneers. Eur J Esthet Dent. 2006;1(1):10-19.
- Gurel G, Morimoto S, Calamita MA, Coachman C, Sesma N. Clinical performance of porcelain laminate veneers: outcomes of the aesthetic pre-evaluative temporary (APT) technique. Int J Periodontics Restorative Dent. 2012;32(6):625-635.
- Gurel G, Sesma N, Calamita MA, Coachman C, Morimoto S. Influence of enamel preservation on failures rates of porcelain laminate veneers. Int J Periodontics Restorative Dent. 2013;33(1):31-39. doi:10.11607/prd.1488
- Coachman C, Calamita M. Digital Smile Design: a tool for treatment planning and communication in esthetic dentistry. Quintessence Dent Technol. 2012;35:103-111.
- Ntovas P, Ladia O, Barmak B, Spanopoulou M, Fehmer V, Sailer I. Predictability of diagnostic trial restorations fabricated as copies of diagnostic waxing using digital, analog, and hybrid workflows: a comparative in vitro study. J Prosthet Dent. 2026;135(3):577.e1-577.e9. doi:10.1016/j.prosdent.2025.10.027
- Sorrentino R, Ruggiero G, Borelli B, et al. Dentin exposure after tooth preparation for laminate veneers: a microscopical analysis to evaluate the influence of operators’ expertise. Materials (Basel). 2022;15(5):1763. doi:10.3390/ma15051763

