Un pinceau fin dépose du composite sur une incisive, sous un champ opératoire bleu.

Composite stratifié : réparer et harmoniser les dents de devant.

Une dent de devant ébréchée, une forme irrégulière ou un petit espace peuvent souvent être corrigés avec du composite.

Cette résine de la couleur des dents est appliquée et sculptée en fines couches directement sur la dent : c’est la stratification composite.

La technique convient surtout aux défauts localisés sur une ou quelques dents. Le traitement se réalise le plus souvent en une séance, avec peu ou pas de retrait de tissu sain. La forme, la teinte et la façon dont la restauration laisse passer ou réfléchit la lumière sont travaillées pour l’intégrer aux dents voisines. Son aspect évolue avec le temps et nécessite un entretien.

Dr Jérémy Haccoun, chirurgien-dentiste Mis à jour le

Les repères essentiels

Voir un cas : rééquilibrer les proportions par composite

Qu’est-ce que la stratification composite ?

Le composite est une résine contenant de fines particules minérales, collée à l’émail et à la dentine. La stratification consiste à le poser en plusieurs couches pour reproduire la structure de la dent : un composite plus opaque à l’intérieur, à la place de la dentine, puis un composite plus translucide en surface, comme l’émail.

Chaque couche est durcie à la lumière avant l’application de la suivante. La restauration est ensuite mise en forme et polie. La dent voisine sert de référence pour choisir les teintes, la transparence du bord, les reflets et la texture de surface.

Dans quels cas peut-on utiliser un composite sur une dent de devant ?

Avant de restaurer une dent, l’examen recherche la cause du défaut. Après un choc, il évalue notamment l’état du nerf et de la racine, au-delà de la cassure visible. L’article consacré à l’incisive fracturée détaille ce bilan. Lorsque plusieurs dents sont usées, la recherche des causes de l’usure précède le choix de la restauration.

Les situations les plus fréquentes, sur une ou quelques dents de devant :

  1. Une dent ébréchée, ou un petit morceau cassé après un choc ou en mordant.
  2. Un bord irrégulier ou un angle émoussé, qui rompt la ligne du sourire.
  3. Une dent plus petite ou de forme différente de sa voisine.
  4. Un petit espace entre deux dents, ou diastème.
  5. Une ancienne réparation visible : teinte décalée, bord coloré, forme qui ne s’accorde plus.

Preservation Index

Préserver la dent, autant que possible

02 / 04

  1. 01Sans préparation
  2. 02Additif
  3. 03Préparation minimale
  4. 04Restaurateur

L’index indique la quantité de tissu dentaire retirée lors d’un traitement. Le composite stratifié se situe au deuxième niveau : il ajoute de la matière là où elle manque. La préparation est le plus souvent absente ou limitée. Selon la situation, un léger biseau au bord de l’émail, le retrait d’une ancienne restauration ou l’élimination d’une carie peuvent être nécessaires. Le composite pourra ensuite être repoli, retouché ou réparé sans engager davantage la dent.

Comment se déroule le traitement ?

Pour une ou deux dents, le traitement se déroule le plus souvent en une séance. Lorsque la forme à reconstruire est plus étendue, un projet peut être préparé à partir d’une empreinte. Une clé en silicone sert alors de guide pour construire la face arrière de la dent.

Sous digue bleue, un pinceau fin met en forme une couche de composite sur une incisive centrale.
Le geste de la stratification : une fine couche de composite, mise en forme au pinceau avant d’être durcie à la lumière. Photographie prise au cabinet, pendant la micro-stratification qui a suivi l’infiltration de taches blanches.

Le même geste, en couche très fine, complète parfois un autre soin : dans ce cas de taches blanches, une micro-stratification a rétabli les volumes de deux incisives centrales après une infiltration résineuse.

Les étapes du traitement sont les suivantes :

  1. Le choix des teintes et les photographies, avant que la dent ne se dessèche.
  2. L’isolation de la dent, souvent avec une digue, pour réaliser le collage à l’abri de la salive.
  3. La préparation au collage, avec un nettoyage, un léger biseau si nécessaire, puis l’application de l’adhésif.
  4. La construction de la restauration en plusieurs couches, chacune durcie à la lumière.
  5. La mise en forme, le polissage et l’ajustement des contacts entre les dents. La teinte est appréciée après la réhydratation de la dent, quelques heures plus tard.

Composite stratifié, composite injecté ou facette céramique ?

Le choix dépend de l’étendue de la correction, du nombre de dents concernées et de leur teinte. Ces trois solutions peuvent modifier la forme des dents de devant, avec des indications et des modes de réalisation différents.

Deux vues sous digue bleue : en haut, une clé en silicone rose placée derrière les dents du haut ; en bas, un guide transparent posé sur les dents pour l’injection du composite.
Dans un même traitement, les deux techniques se suivent. En haut, la clé palatine, qui guide la construction de la face arrière des dents avant la stratification ; en bas, le guide transparent à travers lequel le composite est ensuite injecté. Cas détaillé dans la galerie des cas cliniques.
Composite stratifié
Une ou quelques dents, une perte localisée : la forme est sculptée directement sur la dent, en suivant sa voisine.
Composite injecté
Plusieurs dents dont on change la forme ou les proportions : le projet est dessiné à l’avance, puis reproduit en bouche à travers une clé transparente.
Facette céramique
Une pièce de céramique fabriquée puis collée, qui garde mieux sa teinte et son brillant ; elle demande le plus souvent une préparation de l’émail et plusieurs rendez-vous.

La stratification et l’injection peuvent être associées. Dans le cas présenté, une incisive latérale absente de naissance et des proportions à rééquilibrer ont conduit à utiliser d’abord la stratification, puis l’injection.

Un autre soin peut être préférable selon la demande : un éclaircissement lorsque la teinte de l’ensemble des dents gêne, ou une orthodontie lorsque les dents sont mal placées ou les espaces trop larges. Pour une dent du fond ou une perte de substance étendue, d’autres restaurations adhésives peuvent être envisagées.

Quelle est la durée de vie d’un composite dentaire ?

La durée d’un composite n’est pas garantie. Elle dépend de la taille de la restauration, des contacts entre les dents, d’habitudes comme le serrement et de l’entretien. Dans une revue systématique de 17 études, qui ont suivi 1 821 restaurations de dents de devant pendant 3 à 17 ans, le taux d’échec annuel allait de 0 à 4,1 % selon les études. Une revue plus récente, portant sur 25 études, trouve des écarts beaucoup plus larges.

Dans les deux, la fracture est la première cause d’échec, et l’aspect esthétique compte parmi les principales raisons de reprise. La reconstruction d’un angle est plus exposée qu’une restauration entre deux dents : selon une méta-analyse, environ 90 % des premières tiennent dix ans sans avoir été refaites, contre 95 % des secondes.

Un composite peut souvent être entretenu ou réparé sans être entièrement remplacé. Un éclat peut être comblé et une surface ternie repolie. Les contrôles réguliers et, en cas de serrement ou de grincement, la gouttière nocturne participent à sa longévité.

Une consultation pour un composite stratifié à Levallois-Perret

Au cabinet du Dr Jérémy Haccoun à Levallois-Perret, la consultation permet d’examiner la dent concernée, les dents voisines, les gencives et les contacts entre les dents. Vos attentes sont également prises en compte. Les solutions possibles, leurs limites, leurs alternatives et leur coût sont présentés avant toute décision.

Questions fréquentes sur le composite stratifié

Un composite peut-il ressembler à une dent naturelle ?

Oui, le composite peut reproduire de près l’apparence d’une dent naturelle. Le choix de plusieurs teintes, la transparence du bord, la forme et la texture permettent de l’accorder à la dent voisine. À très courte distance, sous certains éclairages ou avec le temps, une différence peut toutefois devenir visible. Le résultat dépend de la dent de départ et ne peut pas être garanti à l’identique.

Faut-il tailler la dent ?

Le plus souvent, très peu ou pas : le composite est ajouté là où la dent manque. Un léger biseau de l’émail, pour une jonction plus solide et plus discrète, ou le retrait d’une ancienne restauration ou d’une carie peuvent être nécessaires. Le geste n’est donc pas toujours nul, mais il reste sans commune mesure avec la préparation d’une couronne.

Peut-on fermer un espace entre deux dents avec du composite ?

Oui, lorsque l’espace est petit et que les dents sont bien placées : le composite est ajouté sur les faces des deux dents voisines, le plus souvent sans les tailler. La limite tient aux proportions, car refermer un espace trop large rendrait les dents trop larges ; une orthodontie peut alors être proposée, seule ou avant le composite. La gencive compte aussi : elle ne remplit pas toujours l’espace sous le point de contact, ce que l’examen permet d’anticiper.

Le composite change-t-il de couleur ?

Un peu, avec le temps. Sa surface peut perdre de son brillant et se colorer, notamment avec le café, le thé, le vin ou le tabac, et son bord peut se marquer. Un polissage lors des contrôles en atténue une partie, et une restauration devenue trop visible peut être reprise. Le composite ne s’éclaircit pas comme l’émail : si un éclaircissement est envisagé, il se fait avant, et la teinte du composite est choisie ensuite.

Combien coûte un composite stratifié ?

Au cabinet, un composite esthétique sur une dent de devant est facturé entre 63 et 1 500 €, selon le nombre de dents à restaurer et la complexité : une petite réparation et la reconstruction d’un angle ne demandent pas le même travail. Un acte à visée esthétique n’est pas pris en charge par l’assurance maladie. Un devis détaillé est remis après l’examen, avant toute décision.

Références

  1. Demarco FF, Collares K, Coelho-de-Souza FH, Correa MB, Cenci MS, Moraes RR, Opdam NJ. Anterior composite restorations: a systematic review on long-term survival and reasons for failure. Dent Mater. 2015;31(10):1214-1224. doi:10.1016/j.dental.2015.07.005
  2. Shah YR, Shiraguppi VL, Deosarkar BA, Shelke UR. Long-term survival and reasons for failure in direct anterior composite restorations: a systematic review. J Conserv Dent. 2021;24(5):415-420 (mis en ligne en 2022). doi:10.4103/jcd.jcd_527_21
  3. Heintze SD, Rousson V, Hickel R. Clinical effectiveness of direct anterior restorations: a meta-analysis. Dent Mater. 2015;31(5):481-495. doi:10.1016/j.dental.2015.01.015

Chaque situation
demande son diagnostic.

Les informations de cette page sont générales. Seul un examen clinique permet d’indiquer un traitement et d’en préciser les bénéfices, limites et alternatives.

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