Deux clés d'injection transparentes, moulées sur les dents, posées sur un fond blanc.

Composite injecté : redonner forme et volume aux dents.

Le composite injecté permet de modifier la forme ou le volume des dents en ajoutant de la matière.

Dans certaines situations, cette correction peut être réalisée sans préparer les dents. L’examen permet de déterminer si cette approche est adaptée.

La technique consiste à reproduire sur les dents un projet conçu à l’avance. Un guide transparent, appelé clé d’injection, est fabriqué à partir de ce projet. Le composite est injecté à travers ce guide, puis sa forme est ajustée et sa surface polie.

La forme recherchée est ainsi définie avant le traitement. Lorsque c’est indiqué, le projet peut être essayé en bouche avant sa réalisation.

Dr Jérémy Haccoun, chirurgien-dentiste Mis à jour le

Les repères essentiels

Voir un cas de facettes en composite injecté

Comprendre la technique

Comment fonctionne le composite injecté ?

La clé d’injection est fabriquée en silicone transparent. Elle permet de placer le composite selon la forme prévue, puis de le durcir à la lumière sans retirer le guide. Le composite utilisé est choisi ou préparé pour sa fluidité.

L’expression « facettes en composite » est parfois utilisée pour décrire le résultat. Dans la technique injectée présentée ici, le matériau est ajouté et durci directement sur la dent. La réalisation diffère donc d’une facette céramique, fabriquée séparément puis collée sur la dent.

Composite injecté ou stratifié : quelle différence ?

Les deux techniques utilisent du composite, mais la forme est obtenue différemment. Avec la stratification, le praticien construit la restauration directement sur la dent, couche par couche. Cette approche convient particulièrement à une dent isolée.

Avec l’injection, la forme est conçue à l’avance, puis reproduite à l’aide d’un guide transparent. Cette méthode facilite sa reproduction d’une dent à l’autre.

Le choix dépend de la situation clinique : aucune de ces techniques n’est supérieure dans tous les cas.

Concevoir et essayer le projet avant le traitement

Les photographies, l’analyse des proportions et l’empreinte numérique permettent de définir la nouvelle forme des dents à partir de mesures.

Lorsque c’est indiqué, le projet esthétique peut être essayé en bouche sans modifier les dents. Cet essai permet de vérifier les volumes : il montre où le composite peut être ajouté et où cet ajout risquerait de rendre la dent trop épaisse.

Le projet numérique (wax-up) : la nouvelle forme est dessinée sur l’empreinte, avant tout geste sur la dent.
Une projection du projet dans le sourire, générée par intelligence artificielle : elle aide à se représenter le résultat, sans en avoir la valeur.

Indications et limites du composite injecté

Dans quels cas envisager le composite injecté ?

Le composite injecté peut être envisagé lorsque l’ajout de matière permet d’obtenir la forme recherchée, dans un contexte clinique favorable.

Espaces entre les dents ou diastèmes
Fermer un espace en élargissant les côtés des dents, lorsque sa largeur et les proportions le permettent.
Proportions
Rééquilibrer la largeur et la hauteur de dents trop étroites ou trop courtes.
Dents de petite taille
Corriger une microdontie ou la forme réduite d’une incisive latérale.
Bords usés
Reconstruire les bords des dents lorsque la cause de l’usure a été identifiée et prise en charge.
Harmonie du sourire
Intervenir sur plusieurs dents pour retrouver des bords mieux alignés ou une meilleure symétrie.
Anciens composites
Remplacer des restaurations devenues instables ou colorées en redéfinissant leur forme.

L’examen vérifie l’état des dents et des gencives, la façon dont les dents se rencontrent et l’espace disponible pour ajouter du composite. Selon la situation, un éclaircissement, un déplacement orthodontique ou une restauration plus couvrante peuvent être plus adaptés.

Quelles sont les limites du composite injecté ?

Une coloration importante peut être difficile à masquer avec une faible épaisseur de composite. Une plus grande opacité nécessite davantage d’épaisseur : lorsque l’espace disponible est limité, cet ajout peut rendre la dent trop volumineuse.

Le composite évolue aussi avec le temps. Il peut perdre une partie du brillant obtenu au polissage, et la jonction avec l’émail peut se colorer. Le rythme de ces changements dépend des habitudes de chacun.

Un bord fin soumis à des contacts importants peut s’ébrécher. Le bruxisme et une occlusion défavorable doivent donc être pris en compte avant le traitement : le matériau ne suffit pas à compenser les contraintes exercées sur les dents.

Composite injecté ou facettes céramiques ?

Le choix entre composite et céramique dépend de ce qu’il faut corriger et de l’état des dents. Les principaux critères de comparaison sont présentés ci-dessous ; un article dédié les détaille.

Tissu dentaire retiré
Le composite peut être purement additif dans les situations favorables. La céramique demande souvent une préparation, plus ou moins importante selon la situation, la position de la dent et le projet.
Stabilité de teinte
La céramique est nettement plus stable en teinte. Le composite évolue davantage, et se repolit.
État de surface
Le brillant de la céramique se maintient mieux dans le temps.
Réparabilité
Le composite se retouche et se répare généralement de façon locale. Une céramique peut parfois être réparée, mais les possibilités dépendent de la nature et de l’étendue du défaut.
Masquage
À épaisseur comparable, la céramique masque généralement mieux une dyschromie marquée.
Honoraires
Le composite est généralement moins coûteux par dent, mais les fourchettes se recoupent selon l’étendue du projet.

La solution retenue doit permettre la correction recherchée avec une intervention adaptée à la situation clinique.

Préservation des dents et longévité du composite

Le composite injecté nécessite-t-il de préparer les dents ?

Dans les situations favorables, le composite peut être ajouté sans préparation de la dent. D’autres situations nécessitent toutefois de retirer une ancienne restauration ou de régulariser une surface pour le collage. Des retouches de forme et des ajustements des contacts entre les dents peuvent également être nécessaires en fin de traitement.

Une dépose ou une reprise ultérieure ne permet pas de garantir un retour strictement identique à l’état initial. La quantité de tissu dentaire préservée dépend donc de la situation clinique, évaluée lors de l’examen.

Preservation Index

Ajouter, et retirer le moins possible.

02 / 04

  1. 01Sans préparation
  2. 02Additif
  3. 03Préparation minimale
  4. 04Restaurateur

L’index situe ce qu’un traitement retire à la dent et ce qu’il lui laisse. Le composite injecté se place au deuxième niveau : la matière est ajoutée sur la dent et, dans les situations favorables, aucune préparation n’est nécessaire ; des retouches de forme et des ajustements d’occlusion peuvent intervenir à la fin. Le niveau ne dit rien de la difficulté du traitement, seulement de ce qu’il retire au tissu.

Que sait-on de la durée du composite injecté ?

Les études ne permettent pas de donner une durée de vie valable pour tous les patients. Les chiffres ci-dessous fournissent des repères, avec des résultats variables selon les situations étudiées et les praticiens.

Une revue systématique (Dental Materials, 2015 ; 17 études, 1 821 restaurations suivies de 3 à 17 ans) relève des taux d’échec annuels de 0 à 4,1 % et des taux de survie de 53,4 à 100 % selon les études. Pour les restaurations à motif esthétique, comme ici, les échecs liés à la couleur, à la forme et à la coloration de surface sont plus fréquents.

Une seconde revue (International Journal of Esthetic Dentistry, 2019 ; 24 études, trop hétérogènes pour une méta-analyse) rapporte des taux d’échec annuels de 0 à 33,5 % selon le composite et le contexte.

Enfin, une étude sur 72 196 restaurations antérieures chez 29 855 patients (Journal of Dental Research, 2017) trouve un taux d’échec annuel moyen de 4,6 % à cinq ans, avec un écart de 2 à 11 % entre praticiens.

Ces travaux concernent surtout des restaurations sur des dents cariées ou fracturées. Pour la technique injectée elle-même, les publications sont principalement des articles techniques et des rapports de cas. Elles ne permettent pas de lui attribuer une longévité propre ni de prévoir la durée d’une restauration chez un patient donné.

Ce qui influence la longévité du composite

La durée d’une restauration ne dépend pas uniquement du matériau. Plusieurs éléments interviennent :

  1. Le volume à reconstruire et l’épaisseur du composite.
  2. Les contacts entre les dents pendant leur fonctionnement, appelés occlusion.
  3. Le bruxisme et les habitudes fonctionnelles.
  4. Le protocole de collage et l’isolation des dents pendant sa réalisation.
  5. La finition et le polissage, qui déterminent l’état de surface initial.
  6. L’hygiène quotidienne, l’accès aux jonctions pour le nettoyage et les habitudes alimentaires.
  7. Les contrôles réguliers, qui permettent de repolir avant qu’une réparation soit nécessaire.
  8. Des différences entre praticiens, mesurées dans l’étude de 2017 sans que leur cause soit isolée.

Peut-on retoucher ou réparer un composite injecté ?

Le composite peut être retouché. Une zone colorée peut être repolie et un bord ébréché se répare le plus souvent localement, sans reprendre l’ensemble du traitement.

Cela change surtout le type de suivi : une restauration qui se reprend par petites touches demande des contrôles réguliers, là où une restauration plus stable en demande moins.

Lorsqu’une altération revient au même endroit, il faut en rechercher la cause, notamment dans le fonctionnement ou les contacts entre les dents, plutôt que de la considérer uniquement comme un défaut de surface.

En pratique

Comment se déroule un traitement par composite injecté ?

Le traitement se déroule en étapes séparées. Tant qu’aucune matière n’a été ajoutée, il reste possible de s’arrêter.

  1. La consultation établit le diagnostic et compare les options.
  2. Photographies, analyse des proportions et empreinte numérique construisent le projet.
  3. Le projet est discuté et, lorsque c’est indiqué, essayé en bouche.
  4. La clé transparente est fabriquée à partir du projet validé.
  5. Le composite est injecté, sous isolation.
  6. La forme est ajustée, l’occlusion vérifiée, puis les surfaces polies.
  7. Un contrôle vérifie l’intégration et l’état de surface à distance.

Le composite injecté, en images

Un cas traité au cabinet : la clé, l’injection, puis le résultat, sur les dents et dans le sourire.

  1. Deux clés en silicone transparent posées sur les modèles du projet.

    La clé d’injection

    Fabriquée à partir du projet validé, la clé en silicone transparent porte la forme que le composite va reproduire.

  2. Sous digue bleue, la clé transparente en place sur les dents du haut, un embout d’injection engagé dans la clé.

    L’injection

    Sous digue, le composite est injecté à travers la clé, puis durci par la lumière sans qu’elle soit retirée.

Les incisives du haut sur le fond noir d’un contrasteur, avant le traitement.
Les mêmes incisives, au même cadrage, après composite injecté.
AvantAprès
Vue intra-orale avec contrasteur : comparaison avant et après composite injecté. Résultat individuel.
Le sourire avant le traitement.
Le même sourire après composite injecté.
AvantAprès
Intégration du résultat dans le sourire après traitement par composite injecté. Résultat individuel.

Quel est le prix d’un traitement par composite injecté ?

Un composite esthétique sur dent antérieure est facturé entre 63 et 1 500 €, en fonction du nombre de dents à restaurer et de la complexité. Une retouche localisée et un projet portant sur six dents ne relèvent pas du même acte.

Un acte à visée esthétique ne fait pas l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie, et un devis détaillé est remis avant toute décision.

Une consultation pour un composite injecté à Levallois-Perret

La consultation a lieu au cabinet de Levallois-Perret, au 119 rue du Président Wilson. L’examen évalue notamment l’espace disponible pour ajouter du composite sans rendre les dents trop épaisses, les contraintes exercées sur leurs bords et l’état des restaurations déjà présentes.

Ces éléments permettent de définir si la technique est adaptée, quelles dents seraient concernées et dans quelle mesure leur structure peut être préservée. Vous prenez votre décision après cette consultation, jamais le jour même.

Questions fréquentes sur le composite injecté

Qu’est-ce que le composite injecté ?

Une manière de poser un composite, et non un matériau particulier. Ce qui la distingue, c’est que la forme est décidée et validée avant d’être réalisée : elle est transférée en bouche à travers une clé, au lieu d’être sculptée directement.

Faut-il tailler les dents ?

Pas nécessairement, et c’est l’un de ses intérêts principaux. Dans une situation favorable, la matière est ajoutée sur une dent qui n’a pas été préparée. Ce n’est pas une règle générale pour autant : certaines situations imposent une dépose, une régularisation de surface ou des ajustements en fin de traitement.

Peut-on fermer un diastème avec du composite ?

C’est l’une de ses indications courantes, lorsque l’écart et les proportions le permettent. Fermer un espace large en élargissant seulement deux dents peut donner des formes disproportionnées : l’analyse préalable sert à vérifier ce point, et parfois à répartir la correction ou à envisager un déplacement orthodontique.

Le composite change-t-il de couleur avec le temps ?

Oui, progressivement, et à un rythme qui varie selon les habitudes de chacun. C’est sur ce point que le composite se distingue le plus de la céramique. Un repolissage lors des contrôles permet souvent d’y répondre.

Peut-on réparer un composite injecté ?

Oui, et c’est l’une de ses différences avec la céramique : la retouche se fait le plus souvent localement, sans reprendre l’ensemble. Une restauration céramique peut elle aussi être réparée dans certains cas, mais les possibilités dépendent de la nature et de l’étendue du défaut.

Est-ce adapté en cas de bruxisme ?

Un bruxisme non contrôlé expose les bords à des contraintes que le matériau ne compense pas à lui seul. Cela n’écarte pas la technique dans tous les cas, mais il doit être identifié et intégré au plan de traitement avant la restauration, protection nocturne comprise.

Références

  1. Demarco FF, Collares K, Coelho-de-Souza FH, Correa MB, Cenci MS, Moraes RR, Opdam NJ. Anterior composite restorations: a systematic review on long-term survival and reasons for failure. Dent Mater. 2015;31(10):1214-1224. doi:10.1016/j.dental.2015.07.005
  2. Dietschi D, Shahidi C, Krejci I. Clinical performance of direct anterior composite restorations: a systematic literature review and critical appraisal. Int J Esthet Dent. 2019;14(3):252-270.
  3. Collares K, Opdam NJM, Laske M, Bronkhorst EM, Demarco FF, Correa MB, Huysmans MCDNJM. Longevity of anterior composite restorations in a general dental practice-based network. J Dent Res. 2017. doi:10.1177/0022034517717681

Chaque situation
demande son diagnostic.

Les informations de cette page sont générales. Seul un examen clinique permet d’indiquer un traitement et d’en préciser les bénéfices, limites et alternatives.

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