À retenir
- Le rendu se décide avant la pose : sur le projet essayé en bouche, puis dans la mesure de la teinte transmise au laboratoire.
- Une facette discrète garde des nuances : plus translucide au bord, plus saturée près de la gencive, avec une surface qui accroche la lumière comme l’émail.
- Les dents non traitées servent de référence : le résultat se juge sur la continuité avec elles.
Qu’est-ce qui fait qu’une facette se remarque ?
Quatre défauts reviennent : une teinte trop blanche ou trop opaque pour le visage, des formes identiques d’une dent à l’autre, un volume ajouté qui fait avancer les dents, un bord visible près de la gencive. Aucun ne tient au matériau seul : ils tiennent aux décisions prises avant.
Pourquoi essayer le projet avant de préparer ?
Le mock-up reproduit en bouche, en résine provisoire, les formes prévues par le projet, sans toucher aux dents. Il permet de juger les proportions dans le visage, au repos, en parlant, en souriant, et de corriger ce qui ne convient pas.
Il sert aussi de guide pour la préparation : on ne retire que ce qui dépasse du volume final, ce qui limite la réduction d’émail. Cette démarche, décrite notamment en 2006, reste la base des préparations guidées.
Le mock-up ne montre pas la couleur finale : son matériau et sa translucidité diffèrent de la céramique. Il valide les volumes et la direction du projet.
Comment la teinte est-elle choisie ?
À l’œil, avec un teintier, la perception varie selon la lumière et selon la personne. Au cabinet, la teinte est relevée par photographie calibrée, selon le protocole eLAB : une photographie en lumière polarisée, qui supprime les reflets, et une carte de gris de référence permettent de traduire la couleur de la dent en valeurs chiffrées, transmises au prothésiste.
Même mesurée, la couleur d’une céramique peut cesser de correspondre à celle d’une dent quand l’éclairage change ; les auteurs de la méthode le disent eux-mêmes. D’où l’essai des facettes en bouche avant le collage.
Quel rôle joue la céramique ?
Une dent n’a pas la même teinte partout : plus saturée près de la gencive, plus translucide vers le bord. La céramique feldspathique, montée à la main couche par couche, permet de reproduire ces nuances ; c’est la plus translucide des céramiques de facettes. Le disilicate de lithium couvre mieux une dent foncée.
La surface compte autant que la couleur : de fines ondulations, proches de celles de l’émail, renvoient la lumière comme une dent. Une surface trop lisse paraît artificielle.
Pourquoi la gencive fait-elle partie du résultat ?
Le contour de la gencive encadre les dents. Si les collets sont à des hauteurs irrégulières, des facettes réussies paraîtront inégales. Une correction localisée de la gencive est parfois réalisée avant les facettes pour rééquilibrer ce contour : c’est ce qui a été fait, de la deuxième prémolaire droite à la deuxième prémolaire gauche, sur le cas des huit facettes feldspathiques.
Faut-il traiter toutes les dents visibles ?
Non. Plus on traite de dents, plus il est facile de les accorder entre elles, mais plus on s’éloigne du sourire d’origine. Traiter seulement les dents qui s’écartent de l’ensemble oblige, à l’inverse, à s’accorder aux dents voisines : c’est plus exigeant, et cela garde le sourire de la personne.
Un cas présenté sur la page des facettes suit cette logique : après un éclaircissement, les canines s’intégraient assez bien pour ne pas être traitées, et quatre facettes ont suffi.
Qu’est-ce qui ne peut pas être garanti ?
Une correspondance parfaite sous toutes les lumières, pour la raison dite plus haut. Une teinte qui suive le vieillissement des dents voisines : les dents naturelles foncent un peu avec l’âge, la céramique non. Et un résultat identique à une photographie de référence : le projet est une intention, discutée et essayée, pas une copie.
Questions fréquentes
Peut-on choisir une teinte très claire ?
On peut en discuter. Le projet montre l’effet dans le visage, à côté des dents non traitées ; c’est souvent ce qui aide à décider jusqu’où aller.
Les facettes se voient-elles de près ?
Une facette bien intégrée se distingue difficilement à distance de conversation. De très près, un œil exercé peut repérer une limite ou une différence de surface.
Combien de temps faut-il pour arriver au résultat ?
Plusieurs rendez-vous sur quelques semaines : examen, projet et mock-up, préparation et provisoires, essai, puis collage.
Références
- Magne P, Magne M. Use of additive waxup and direct intraoral mock-up for enamel preservation with porcelain laminate veneers. Eur J Esthet Dent. 2006;1(1):10-19.
- Hein S, Tapia J, Bazos P. eLABor_aid: a new approach to digital shade management. Int J Esthet Dent. 2017;12(2):186-202.

