À retenir
- La feldspathique est la plus translucide, mais elle ne masque pas une dent foncée.
- Le disilicate de lithium est plus résistant et couvre mieux ; il est aussi plus reproductible sur plusieurs dents.
- Le support (teinte, émail, forces) décide du matériau, pas l’inverse.
Qu’est-ce qui distingue les deux céramiques ?
La céramique feldspathique est montée à la main, couche par couche, par le prothésiste : de la poudre et un liquide, déposés puis cuits, plusieurs fois. C’est la technique la plus ancienne et la plus artisanale, et c’est aussi celle qui se prête le mieux aux épaisseurs très faibles, lorsque le support le permet.
Le disilicate de lithium, commercialisé notamment sous le nom e.max, est un bloc de céramique, pressé dans un moule ou usiné par une machine à partir d’un fichier numérique. La pièce sort d’un seul tenant, puis peut être maquillée ou partiellement stratifiée en surface.
Que fait chacune mieux que l’autre ?
La feldspathique est la plus translucide. Elle laisse passer la lumière comme le fait un émail naturel, et c’est ce qui lui permet de disparaître dans un sourire. Mais la translucidité a une contrepartie : elle ne masque rien. Ce qui se trouve dessous se voit.
Le disilicate de lithium est nettement plus résistant à la flexion : de l’ordre de 350 à 460 mégapascals pour le disilicate pressé, contre une centaine pour une céramique feldspathique, dans les mesures de laboratoire. Il existe aussi en versions plus opaques, capables de couvrir une dent foncée ou dévitalisée. Sa fabrication est plus reproductible, ce qui compte lorsque plusieurs dents doivent être traitées ensemble.
Qu’est-ce qui décide du choix ?
Le choix se fait à partir de trois éléments : la teinte de la dent au départ, la quantité d’émail encore disponible pour le collage, et les contraintes que la dent devra supporter. Une dent claire, peu délabrée, avec de l’émail périphérique intact, permet une feldspathique très fine. Une dent foncée, déjà restaurée ou soumise à des forces importantes oriente vers le disilicate.
Ce raisonnement explique aussi pourquoi la question du matériau vient tard. Tant que l’indication, le projet et l’étendue du traitement ne sont pas arrêtés, il n’y a pas de bonne réponse, seulement des préférences.
Le matériau fait-il la durée de la facette ?
Les deux céramiques tiennent par le collage, et le collage tient par l’émail. C’est pourquoi la préparation, la quantité de tissu conservée et l’équilibre de l’occlusion pèsent davantage sur la durée de vie que le nom du matériau.
Une revue de 25 études trouve moins d’échecs avec les céramiques renforcées qu’avec les feldspathiques. C’est une raison de plus pour réserver la feldspathique aux situations qui s’y prêtent : émail disponible, forces modérées.
Un patient qui arrive en demandant « des e.max » demande en réalité un résultat. Le rôle du diagnostic est de vérifier qu’une facette est indiquée, puis de choisir ce qui servira le mieux ce résultat, y compris, parfois, de ne pas poser de facette du tout.
Références
- Alenezi A, Alsweed M, Alsidrani S, Chrcanovic BR. Long-term survival and complication rates of porcelain laminate veneers in clinical studies: a systematic review. J Clin Med. 2021;10(5):1074. doi:10.3390/jcm10051074
- Zarone F, Di Mauro MI, Ausiello P, Ruggiero G, Sorrentino R. Current status on lithium disilicate and zirconia: a narrative review. BMC Oral Health. 2019;19(1):134. doi:10.1186/s12903-019-0838-x
- Wendler M, Belli R, Petschelt A, et al. Chairside CAD/CAM materials. Part 2: flexural strength testing. Dent Mater. 2017;33(1):99-109. doi:10.1016/j.dental.2016.10.008

