À retenir

  • Deux facettes suffisent quand le problème se limite à deux dents et que les dents voisines s’intègrent au projet.
  • La difficulté est l’accord avec les dents non traitées : teinte, translucidité, forme et gencive doivent se raccorder.
  • Préparer le terrain compte autant que la céramique : couleur de départ, contour de la gencive, essai du projet.

Quand deux facettes peuvent-elles suffire ?

Quand ce que l’on veut corriger se limite à deux dents : deux incisives centrales trop courtes, colorées ou abîmées, alors que les autres dents du sourire conviennent. Le nombre de facettes se décide sur ce qui se voit quand la personne sourit, pas sur un chiffre fixé à l’avance.

Pourquoi est-ce plus exigeant que de traiter davantage de dents ?

Quand plusieurs dents sont traitées ensemble, elles s’accordent entre elles. Avec deux facettes, la référence, ce sont les dents voisines : il faut retrouver leur teinte, leur translucidité, leurs petites irrégularités, et les deux facettes doivent en plus se ressembler entre elles.

Le raccord est d’autant plus délicat que les deux dents de départ n’ont pas la même couleur, par exemple quand l’une a été dévitalisée et a foncé.

Comment un cas du cabinet a-t-il été conduit ?

La demande portait sur la couleur et les proportions des deux incisives centrales, jugées trop discrètes dans le sourire. L’une, dévitalisée, présentait une coloration marquée.

Rapprocher les couleurs de départ : un éclaircissement interne de l’incisive dévitalisée a rapproché sa teinte de celle de sa voisine, pour ne pas faire reposer toute la correction sur le pouvoir couvrant de la céramique.

Essayer : le projet a été testé en bouche par un mock-up, pour juger les nouvelles proportions dans le sourire.

Équilibrer la gencive : une gingivectomie localisée sur l’une des deux incisives a harmonisé le contour gingival.

Préparer à travers le projet, puis coller : les préparations ont été faites à travers le mock-up, pour ne retirer que ce que le volume final demandait. Deux facettes en disilicate de lithium ont ensuite été collées.

Ce cas montre un raisonnement, pas une règle : d’autres dents voisines, une autre gencive ou une autre teinte de départ auraient pu conduire à traiter davantage de dents, ou à choisir une autre céramique.

Pourquoi cette céramique ?

Ici, deux facettes en disilicate de lithium, choisies en fonction de l’épaisseur et des contraintes mécaniques : la céramique feldspathique est plus fragile, et il peut être compliqué d’allonger une dent de façon trop importante avec elle.

Sur deux dents claires, lorsque l’allongement reste modéré et que les contraintes le permettent, une céramique feldspathique très translucide peut être choisie.

Quand faut-il en traiter davantage ?

Quand les dents voisines ne s’intègrent pas au nouveau projet : une teinte trop différente, une forme qui paraîtrait décalée à côté des nouvelles dents, une transition qui tomberait en plein sourire. Un éclaircissement préalable suffit parfois à éviter de traiter des dents supplémentaires.

Questions fréquentes

Peut-on poser une seule facette ?

Oui, dans certains cas, sur une incisive isolée par exemple. C’est la situation la plus délicate pour la teinte : une seule dent doit s’accorder à toutes les autres.

Les deux facettes auront-elles exactement la couleur des autres dents ?

L’objectif est qu’elles s’en rapprochent au point de ne pas se remarquer. Une correspondance parfaite sous toutes les lumières n’est pas possible entre une céramique et une dent naturelle.

Deux facettes coûtent-elles moins cher ?

Le montant dépend du nombre de dents et de la complexité.

Références

  1. Hein S, Tapia J, Bazos P. eLABor_aid: a new approach to digital shade management. Int J Esthet Dent. 2017;12(2):186-202.
Retour au journal