À retenir

  • La préparation d’une facette retire une fine couche d’émail, bien moins qu’une couronne. Cette couche ne se reconstitue pas.
  • Tant que la préparation reste dans l’émail, le collage est plus fiable : les décollements décrits surviennent surtout quand la dentine est exposée.
  • Les complications graves pour la dent sont rares dans les études. Une facette peut en revanche se fêler, se décoller ou devoir être refaite un jour.

Que retire-t-on à la dent ?

Pour qu’une facette ne rende pas la dent plus épaisse, on retire le plus souvent une fine couche d’émail, la couche externe de la dent. Cette épaisseur n’est pas fixée à l’avance : elle dépend du volume final prévu par le projet, et elle est parfois nulle.

Une étude de laboratoire a mesuré ce que retirent différentes préparations : d’environ 3 à 30 % de la partie visible de la dent pour les facettes, selon leur dessin, contre 63 à 72 % pour une couronne prothétique. Les mesures ont été faites sur des dents de modèle en résine, pas sur des patients, mais elles montrent l’écart entre les deux gestes.

Ce qui est retiré ne repousse pas. Une dent préparée pour une facette restera une dent restaurée : c’est pourquoi la décision se prend avant la préparation, jamais pendant.

Pourquoi l’endroit où s’arrête la préparation compte-t-il autant ?

L’émail est le meilleur support de collage. La dentine, située dessous, plus riche en eau et en matière organique, offre un collage moins prévisible.

Une série de 580 facettes, suivies jusqu’à douze ans, l’illustre : les douze décollements observés sont tous survenus sur des dents dont la préparation avait exposé la dentine jusqu’au bord. Aucun n’est survenu quand la préparation était restée dans l’émail.

C’est la raison pour laquelle la préparation se calibre sur le projet essayé en bouche, le mock-up : on ne retire que ce que le volume final exige, en restant autant que possible dans l’émail.

Que peut-il arriver à la dent ensuite ?

Une revue de 25 études, portant sur 6 500 facettes céramiques, estime qu’à dix ans environ 95 facettes sur 100 n’ont connu ni fracture, ni décollement, ni carie, ni besoin de traitement du nerf.

Pris un par un, les événements qui touchent la dent elle-même restent rares : une carie au bord de la facette concerne moins d’une facette sur cent à dix ans, un traitement du nerf (dévitalisation) environ une sur cent. La complication la plus fréquente concerne la céramique : fêlure ou fracture, puis décollement, surtout dans les premières années.

Ces chiffres viennent d’études publiées, souvent conduites par des équipes expérimentées, sur des patients suivis. Ils donnent un ordre de grandeur, pas une promesse pour une dent donnée.

Une sensibilité au froid peut apparaître après la pose. Elle est en général passagère, et doit être signalée si elle persiste.

Et si une facette doit être refaite ?

Avec les années, une facette peut se fêler, se décoller ou voir son bord se colorer. Lorsqu’elle a été collée sur un émail préservé, elle peut le plus souvent être refaite seule, sans toucher aux dents voisines.

Déposer une ancienne facette et en préparer une nouvelle retire toutefois un peu de matière à chaque fois. C’est un argument de plus pour ne traiter que les dents qui le justifient.

Qu’est-ce qui augmente ou diminue le risque ?

Trois éléments pèsent plus que le matériau : la quantité d’émail conservée, la façon dont les dents se rencontrent, et les habitudes comme le serrement ou le grincement. Dans l’une des cohortes les plus longues, 318 facettes suivies en moyenne près de dix ans, et jusqu’à vingt ans, les échecs étaient près de huit fois plus fréquents chez les patients qui serraient ou grinçaient des dents.

Une gencive saine, un nettoyage attentif au bord des facettes et des contrôles réguliers font le reste. Lorsqu’un serrement est identifié, une gouttière de protection peut être discutée.

Dans quels cas vaut-il mieux ne pas poser de facette ?

Quand une solution qui ne retire rien suffit : un éclaircissement pour une question de couleur, un composite ajouté pour un petit volume, une infiltration pour certaines taches blanches, un alignement pour une dent mal placée.

Et quand le terrain ne s’y prête pas encore : gencive inflammée, carie active, serrement non contrôlé, ou émail déjà très réduit, qui rend le collage moins prévisible.

Questions fréquentes

Les dents sont-elles plus fragiles sous une facette ?

Une facette collée sur l’émail forme un ensemble solide avec la dent. Ce qui fragilise, c’est une préparation étendue, surtout si elle expose largement la dentine. C’est pour cela que la quantité retirée se décide sur le projet, dent par dent.

Peut-on revenir en arrière après des facettes ?

Pas si l’émail a été préparé : la dent restera restaurée, et la facette pourra être refaite un jour. Avec des facettes posées sans préparation, la dent d’origine est en grande partie conservée dessous, mais retirer une facette collée reste un geste délicat.

Les facettes donnent-elles des caries ?

Pas par elles-mêmes. Une carie peut se former au bord d’une facette comme au bord de toute restauration, si la plaque dentaire y reste. Dans les études, c’est rare : moins d’une facette sur cent à dix ans.

Références

  1. Edelhoff D, Sorensen JA. Tooth structure removal associated with various preparation designs for anterior teeth. J Prosthet Dent. 2002;87(5):503-509. doi:10.1067/mpr.2002.124094
  2. Gurel G, Morimoto S, Calamita MA, Coachman C, Sesma N. Clinical performance of porcelain laminate veneers: outcomes of the aesthetic pre-evaluative temporary (APT) technique. Int J Periodontics Restorative Dent. 2012;32(6):625-635.
  3. Alenezi A, Alsweed M, Alsidrani S, Chrcanovic BR. Long-term survival and complication rates of porcelain laminate veneers in clinical studies: a systematic review. J Clin Med. 2021;10(5):1074. doi:10.3390/jcm10051074
  4. Beier US, Kapferer I, Burtscher D, Dumfahrt H. Clinical performance of porcelain laminate veneers for up to 20 years. Int J Prosthodont. 2012;25:79-85. Données citées d’après la référence 3.
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