À retenir
- La technique injectée est récente : les publications qui lui sont propres suivent les patients un à deux ans. Pour la durée à long terme, on s’appuie sur les composites antérieurs directs, dont environ 9 sur 10 sont en place à dix ans.
- Ce qui s’use en premier : le brillant, puis le bord, qui peut se colorer ou s’ébrécher. Café, thé et sodas pris tous les jours accélèrent la coloration ; le repolissage la rattrape.
- Un éclat se répare en une séance, sans tout refaire, et une restauration réparée dure aussi longtemps qu’une restauration remplacée. Chez qui serre ou grince des dents, une gouttière de nuit fait partie du traitement.
Combien de temps un composite injecté tient-il ?
Il faut distinguer deux choses. La technique injectée, où le composite est transféré en bouche à travers une clé transparente, est récente : les études qui lui sont propres sont des cas cliniques suivis deux ans et une étude d’un an, sur 84 restaurations, où plus de 90 % obtenaient la meilleure note à tous les critères. Elles ne disent rien encore de dix ans.
Pour cette durée-là, on regarde les composites antérieurs directs, dont la technique injectée est une variante. Dans une étude de 667 reconstitutions de dents de devant, 92 % étaient en place à dix ans et 78 % à quinze ans ; en comptant les petites réparations, la dent restait restaurée dans 99 % des cas. Dans un cabinet qui a suivi plus de mille facettes en composite pendant dix ans, environ 4 % par an demandaient une réparation ou un remplacement, contre un peu plus de 1 % pour les facettes en céramique. La page du soin détaille ces études et ce qu’elles ne permettent pas de dire.
Une réserve propre à la technique : le composite fluide qu’elle emploie est un peu moins résistant à l’usure qu’un composite en pâte. C’est une raison de réserver la technique aux situations où les contraintes restent modérées, et de la déconseiller en cas de grincement non contrôlé.
Qu’est-ce qui s’use en premier ?
Le brillant, d’abord. Le poli obtenu en fin de séance s’atténue avec le brossage et la mastication, à un rythme qui dépend des habitudes ; la surface accroche alors davantage les colorations. Puis le bord : la limite entre le composite et la dent peut se colorer légèrement, et un bord fin peut s’ébrécher sous un contact trop fort. La fracture d’un fragment de composite est la première cause de reprise dans les études ; elle survient plus souvent la première année, puis se raréfie.
La forme évolue aussi, très lentement : un bord libre qui travaille beaucoup s’use un peu, comme un bord d’émail. Ce qui ne change pas, si le collage a été fait dans de bonnes conditions, c’est la tenue du composite sur la dent.
Le composite jaunit-il ?
Il se colore en surface plus qu’il ne jaunit dans la masse. Dans une étude qui a suivi 163 composites antérieurs pendant sept ans, la coloration était nettement plus fréquente chez les personnes qui buvaient au moins une fois par jour du café, du thé ou un soda. Le tabac agit dans le même sens. Cette coloration de surface s’enlève en grande partie au repolissage.
Une teinte qui a changé en profondeur ne se rattrape pas : c’est alors le composite qu’on refait. À la différence de la céramique, qui garde sa couleur, le composite demande donc de s’attendre à quelques retouches d’aspect au fil des années. L’article composite ou céramique met les deux en regard.
Comment l’entretenir au quotidien ?
Comme des dents naturelles, avec deux précautions. Un dentifrice ordinaire, fluoré et peu abrasif : les dentifrices « blanchissants » et au charbon rayent le composite et ternissent son poli plus vite qu’ils ne le nettoient. Et une brosse souple, sans appuyer.
Le nettoyage entre les dents compte davantage qu’ailleurs : c’est au bord de la restauration que la plaque s’accumule, et là qu’une carie ou une coloration peut s’installer. Fil ou brossettes, selon l’espace.
Pour le reste, ce sont les gestes qu’on éviterait de toute façon : mordre dans une pomme entière avec des incisives reconstruites, ronger un ongle, un stylo ou de la glace, ouvrir un emballage avec les dents. Et si vous serrez ou grincez des dents la nuit, la gouttière de protection n’est pas une option : l’article sur le bruxisme explique pourquoi.
Que peut-on réparer si le composite s’abîme ?
Presque tout ce qui touche la surface ou le bord. Un éclat se répare en une séance : la zone est nettoyée et légèrement dépolie, un adhésif est appliqué, et du composite neuf est ajouté puis poli. La restauration n’est pas retirée, la dent n’est pas retouchée. Une coloration de bord se traite de la même façon, sur quelques dixièmes de millimètre.
Réparer n’est pas un pis-aller. Dans un essai qui a suivi des composites réparés et des composites remplacés pendant dix ans, les deux se comportaient de la même façon. Une analyse de plus de 8 500 restaurations conclut de même : une restauration réparée dure aussi longtemps qu’une restauration refaite, et la dent y gagne, puisque rien ne lui est retiré.
Ce qui ne se répare pas : un composite dont la teinte a changé en profondeur, une fracture qui emporte la majeure partie de la restauration, ou un décollement. On refait alors la restauration, et l’on cherche pourquoi : un éclat qui revient au même endroit signale un contact trop fort ou un grincement, pas un défaut de matériau.
À quelle fréquence contrôler, et que fait-on au contrôle ?
Une fois par an en général, avec le contrôle habituel. On vérifie les bords, les contacts avec les dents d’en face et les dents voisines, l’absence d’éclat ou de fissure, et l’état de surface. Un repolissage rend le brillant et enlève les colorations de surface.
Il faut savoir ce qu’il fait et ne fait pas. Les études qui ont comparé des composites repolis régulièrement et des composites laissés tels quels trouvent une surface meilleure juste après le repolissage, mais pas de différence de durée de vie à dix ans. Le repolissage entretient l’aspect ; il ne prolonge pas la restauration. Ce qui la prolonge, c’est de repérer tôt un contact trop fort ou un bord qui commence à s’ouvrir.
Quand faut-il le refaire, et par quoi ?
Quand la teinte ne convient plus, quand une réparation ne tiendrait pas, ou quand la restauration a assez vécu pour que ses bords ne soient plus fiables. Refaire un composite injecté reste un geste simple : l’ancien composite est retiré, et la dent se retrouve dessous à peu près telle qu’elle était, puisqu’un composite posé sans préparation ne lui a rien retiré. Une reprise n’est jamais tout à fait sans effet sur la surface, mais elle n’engage pas la dent comme le ferait une préparation.
C’est aussi le moment de reposer la question du matériau. Un composite posé sans préparation laisse l’émail en place : si la stabilité de la teinte ou la durée comptent davantage qu’au départ, une facette en céramique reste possible sur la même dent. Un cas du cabinet montre un sourire traité par composite ; le choix entre les deux est expliqué dans l’article composite ou céramique.
Questions fréquentes
Faut-il renoncer au café et au thé ?
Non. C’est la fréquence qui compte : une consommation quotidienne colore plus vite, une consommation occasionnelle beaucoup moins. Rincer la bouche à l’eau ensuite, et compter sur le repolissage au contrôle, suffit dans la plupart des cas.
Peut-on éclaircir ses dents quand on a un composite injecté ?
Les dents, oui ; le composite, non : il garde sa teinte. Si un éclaircissement est envisagé, il se fait avant le composite, et l’on attend que la couleur soit stable pour choisir la teinte. L’article sur l’éclaircissement le détaille.
Un composite injecté peut-il se décoller d’un coup ?
C’est rare quand le collage a été fait sur un émail sain et sec. Un décollement complet fait plutôt suspecter un contact trop fort ou un collage réalisé dans de mauvaises conditions ; on refait la restauration après en avoir cherché la cause.
Que faire si un petit morceau se casse ?
Gardez le calme et prenez rendez-vous : un éclat se répare en une séance, sans refaire l’ensemble. En attendant, évitez de mordre avec cette dent et signalez tout bord coupant.
Références
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