Une demande esthétique, un problème fonctionnel
Le patient consulte d’abord pour une demande esthétique, sans douleur ni symptôme particulier.
L’analyse clinique met pourtant en évidence une usure généralisée liée à un bruxisme sévère. Cette usure caractéristique, appelée attrition, a progressivement diminué la hauteur des bords libres des dents et surtout la dimension verticale d’occlusion, c’est-à-dire la hauteur à laquelle les dents du haut et du bas se rencontrent quand la bouche est fermée.
Le problème n’était donc pas seulement esthétique. Il était fonctionnel.
Analyser et planifier avant de reconstruire
Empreinte numérique, photographies et projet esthétique virtuel ont permis d’analyser la situation de départ et de planifier la reconstruction.
Un déprogrammeur de Kois a ensuite été réalisé afin de valider une position mandibulaire plus fiable, dans ce contexte de bruxisme sévère, à la dimension verticale définie pour le projet.
Une fois la nouvelle dimension verticale définie, un wax-up numérique complet a été transféré en bouche en résine bis-acryl, pendant trois semaines. L’objectif : valider l’esthétique, mais surtout la fonction, le confort, la phonation et l’adaptation du patient.
Le traitement, secteur par secteur, à travers le mock-up
Après validation du mock-up, une gingivectomie guidée a été réalisée sur les quatre dents antérieures, afin d’harmoniser la position des collets.
Le traitement a ensuite été mené secteur par secteur, à travers le mock-up : le secteur mandibulaire, les secteurs postérieurs du haut, puis le secteur esthétique du haut.
Dans ce contexte de contraintes importantes, le choix s’est porté sur des restaurations en céramique monolithique maquillée, afin de limiter le risque d’éclat (chipping) et de sécuriser le résultat dans le temps.
Une gouttière nocturne a été réalisée en fin de traitement, associée à des injections de toxine botulique dans les masséters, réalisées par un chirurgien esthétique.
Durée totale du traitement : six mois.

Le résultat, et ce qui le protège
Les photographies avant et après montrent le sourire, les deux arcades et les bords des dents du haut : la hauteur des dents retrouvée, la dimension verticale rétablie, des formes cohérentes d’une dent à l’autre.
Ce cas rappelle qu’une réhabilitation globale ne commence jamais par la céramique. Elle commence par le diagnostic, la fonction, la biologie, puis la reconstruction. Face à des dents usées, la reconstruction ne tient que si la cause est maîtrisée : ici, la gouttière nocturne et les injections dans les masséters protègent les restaurations, et des contrôles réguliers vérifient leur stabilité et l’occlusion.







