À retenir

  • Le bonding ajoute du composite sur la dent. L’émail est préparé pour le collage mais, le plus souvent, il n’est pas taillé.
  • Il corrige surtout la forme : petits espaces, bords abîmés, dents courtes. Une teinte très foncée se masque mal ; une usure importante ou un grincement des dents demandent des précautions, et parfois une autre solution.
  • Il dure le plus souvent des années avec un entretien simple : un éclat se répare, la surface se repolit. Aucune durée précise ne peut être garantie.
  • Au cabinet, il est facturé de 63 € à 1 500 € selon le nombre de dents et la complexité. À visée esthétique, il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.

Qu’est-ce que le bonding dentaire ?

« Bonding » veut dire « collage ». Le mot désigne une restauration en composite, une résine de la teinte des dents chargée de fines particules minérales, que le dentiste modèle et colle directement sur la dent : aucune pièce n’est fabriquée au laboratoire. Le composite s’ajoute à la surface de la dent, le plus souvent sans la tailler1.

L’émail est d’abord préparé par un gel acide, puis enduit d’un adhésif : c’est ce collage qui fait tenir le composite. Celui-ci est ensuite façonné, durci à la lumière et poli. Quand il recouvre toute la face visible de la dent, on parle aussi de facette en composite.

Au cabinet, il se pratique de deux façons : la stratification, directement sur la dent, couche par couche, et le composite injecté, transféré en bouche à travers une clé transparente qui reproduit le projet validé. La technique injectée est récente : une revue de 2025 n’a trouvé aucun essai clinique qui la compare à la stratification2. Le choix dépend de la situation.

Que peut corriger un bonding ?

Surtout des questions de forme, sur les dents de devant : un bord ébréché ou usé, un espace entre deux dents, y compris après un traitement orthodontique, une dent courte ou étroite, un sourire à harmoniser3, 4.

Il a ses limites. Une teinte très foncée se masque mal sous une faible épaisseur de composite. Chez les personnes qui serrent ou grincent des dents, ou dont les dents sont très usées, le composite est davantage sollicité et demande des précautions, dont une gouttière de nuit ; les composites fluides employés pour l’injection y sont moins indiqués5.

Quand la gêne porte surtout sur la couleur, un éclaircissement passe en premier. Quand la teinte doit rester stable très longtemps, la céramique est souvent mieux adaptée ; l’article sur le choix entre composite et céramique détaille ce que chacun corrige.

Comment se déroule le soin ?

Il commence par un examen et des photographies. Quand plusieurs dents sont concernées, le projet est d’abord dessiné et, lorsque c’est indiqué, essayé en bouche avec un mock-up : vous voyez les formes et les proportions prévues avant tout collage.

La pose se fait le plus souvent en une séance. Comme la dent n’est en général pas taillée, une anesthésie est rarement nécessaire.

Combien de temps dure un bonding ?

Aucune durée ne peut être garantie, mais les études donnent des repères. Dans une étude menée dans trois centres universitaires sur 667 reconstitutions de dents de devant, environ 92 % n’avaient demandé aucune intervention après dix ans, et 78 % après quinze ans ; en comptant les réparations, près de 99 % restaient en fonction à dix ans, et 98,5 % à quinze ans3.

Une revue de 17 études, portant sur 1 821 composites de dents de devant suivis au moins trois ans, trouve de 0 à 4,1 % d’échecs par an selon les études6. L’incident le plus fréquent est l’éclat, surtout la première année ; le plus souvent, il se répare sans tout refaire3, 7.

Pour le composite injecté, les données propres à la technique sont récentes : une revue de 2025 n’y trouvait que des études de laboratoire et des cas cliniques2, et une étude de 2026 a suivi pendant un an 84 restaurations fermant des espaces entre les dents, avec de très bons résultats8. Sa durée à long terme s’estime donc d’après les composites collés en général, avec prudence, car les composites fluides qu’il emploie sont moins résistants que les composites en pâte5 ; l’article sur la durée et l’entretien du composite injecté fait le point.

Comment l’entretenir ?

Comme des dents naturelles, avec quelques précautions : une brosse souple, un dentifrice peu abrasif plutôt qu’un dentifrice « blanchissant » ou au charbon, le fil ou les brossettes entre les dents, et ne pas mordre dans des objets durs.

Le composite se colore avec le temps, d’autant plus qu’on boit souvent du café, du thé ou du vin rouge7, 9. Un repolissage au cabinet rend le brillant et lisse la surface ; l’effet est réel mais temporaire et, dans un essai de dix ans, il n’a pas allongé la durée de vie des restaurations10. Au cabinet, le composite est contrôlé chaque année et repoli tous les deux ans environ, pour garder son aspect.

Un éclat se répare en une séance : la zone est préparée, puis du composite neuf est ajouté. Suivis dix ans dans un autre essai, les composites réparés se comportaient comme les composites refaits sur la plupart des critères11.

Le bonding est-il réversible ?

Pas entièrement. L’émail n’est en général pas taillé, mais il est préparé pour le collage, et retirer le composite demande de le fraiser puis d’éliminer les restes de colle. En laboratoire, sur les petits taquets de composite collés sur l’émail intact pour les aligneurs orthodontiques, ce retrait emportait de 15 à plus de 50 micromètres d’émail, soit quelques centièmes de millimètre, et laissait des résidus sur une partie de la surface12. Aucun essai clinique ne l’a encore mesuré.

Le bonding reste un soin peu invasif : il laisse la dent presque intacte et garde ouvertes les autres options, dont une facette en céramique si, plus tard, la stabilité de la teinte compte davantage.

Combien coûte un bonding, et est-il remboursé ?

Au cabinet, le composite esthétique des dents de devant est facturé de 63 € à 1 500 €, selon le nombre de dents et la complexité : la fourchette va d’une retouche localisée à un projet sur six dents. Un devis écrit est remis après l’examen, avant toute décision ; la fourchette figure aussi sur la page des honoraires.

Réalisé pour des raisons esthétiques, il n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie ; réparer une dent cariée ou cassée est, en revanche, un soin remboursé, et le devis précise ce qui relève de l’un ou de l’autre. Certaines complémentaires santé prévoient un forfait pour les soins non remboursés : c’est à vérifier auprès de la vôtre, devis en main.

Pour savoir ce qui s’applique à vos dents, un examen reste nécessaire.

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Questions fréquentes

Le bonding abîme-t-il les dents ?

En général, la dent n’est pas taillée ; si le composite doit un jour être retiré, ce retrait emporte en revanche une fine couche d’émail12. La santé de la gencive, elle, n’était pas altérée à long terme dans une étude multicentrique sur les reconstitutions en composite des dents de devant, même si la plaque s’accumulait un peu plus sur les dents traitées13 : le nettoyage entre les dents compte.

Le bonding jaunit-il ?

Un peu, avec le temps : sa surface et son bord se colorent, à un rythme qui dépend des habitudes. Un repolissage en atténue une partie ; si la teinte a changé dans la masse, le composite se refait. Ce qui s’use en premier, et comment l’entretenir.

Faut-il faire un éclaircissement avant un bonding ?

Ce n’est pas obligatoire. S’il est envisagé, il passe en premier, car le composite ne s’éclaircit pas. On attend ensuite en général deux semaines : la teinte se stabilise, et l’adhésion, diminuée juste après l’éclaircissement, se rétablit. L’éclaircissement en gouttières.

Références

  1. Frese C, Schiller P, Staehle HJ, Wolff D. Recontouring teeth and closing diastemas with direct composite buildups: a 5-year follow-up. J Dent. 2013;41(11):979-985. doi:10.1016/j.jdent.2013.08.009
  2. Tolotti T, Sesma N, Mukai E. Evolution of the guided direct composite resin technique in restorative dentistry: a systematic review. J Esthet Restor Dent. 2025;37(4):902-919. doi:10.1111/jerd.13329
  3. Frese C, Wohlrab T, Soliman S, et al. A multicenter trial on the long-term performance of direct composite buildups in the anterior dentition: survival and quality outcome. J Adhes Dent. 2020;22(6):573-580. doi:10.3290/j.jad.a45514
  4. Demirci M, Tuncer S, Öztaş E, et al. A 4-year clinical evaluation of direct composite build-ups for space closure after orthodontic treatment. Clin Oral Investig. 2015;19(9):2187-2199. doi:10.1007/s00784-015-1458-8
  5. Tzimas K, Pappa E, Fostiropoulou M, et al. Highly filled flowable composite resins as sole restorative materials: a systematic review. Materials (Basel). 2025;18(14):3370. doi:10.3390/ma18143370
  6. Demarco FF, Collares K, Coelho-de-Souza FH, et al. Anterior composite restorations: a systematic review on long-term survival and reasons for failure. Dent Mater. 2015;31(10):1214-1224. doi:10.1016/j.dental.2015.07.005
  7. Lempel E, Lovász BV, Meszarics R, et al. Direct resin composite restorations for fractured maxillary teeth and diastema closure: a 7 years retrospective evaluation of survival and influencing factors. Dent Mater. 2017;33(4):467-476. doi:10.1016/j.dental.2017.02.001
  8. Shui Y, Wu J, Yin Z, Yu H. Clinical outcomes of anterior diastema closures with resin injection technique using a 3D printed template: a clinical study. J Prosthet Dent. 2026;136(2):422-429. doi:10.1016/j.prosdent.2026.04.040
  9. Bagheri R, Burrow MF, Tyas M. Influence of food-simulating solutions and surface finish on susceptibility to staining of aesthetic restorative materials. J Dent. 2005;33(5):389-398. doi:10.1016/j.jdent.2004.10.018
  10. Fernández E, Vildósola P, Bersezio C, et al. Does refurbishing composites lead to short-term effects or long-lasting improvement? Am J Dent. 2015;28(4):203-208.
  11. Fernández E, Martín J, Vildósola P, et al. Can repair increase the longevity of composite resins? Results of a 10-year clinical trial. J Dent. 2015;43(2):279-286. doi:10.1016/j.jdent.2014.05.015
  12. Nassar N, Corbani K, Bourgi R, et al. Enamel integrity and residual composite following clear aligner attachment removal: a systematic review. Clin Pract. 2026;16(3):51. doi:10.3390/clinpract16030051
  13. Hahn B, Wohlrab T, Frese C, et al. A multicenter trial on the long-term performance of direct composite buildups in the anterior dentition: periodontal health. J Adhes Dent. 2020;22(5):465-474. doi:10.3290/j.jad.a45177
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