À retenir
- Inlay, onlay et overlay sont des pièces fabriquées hors de la bouche puis collées, qui ne recouvrent que ce qui doit l’être. La couronne, elle, entoure toute la dent et demande de la réduire sur toutes ses faces.
- Ce qui décide, c’est la dent : épaisseur des parois restantes, dent vivante ou dévitalisée, forces qu’elle subit, émail disponible pour coller. Une dent du fond dévitalisée dont les pointes ne sont pas protégées se perd bien plus vite.
- Les études donnent des durées proches : environ 9 inlays et onlays céramiques sur 10 sont en place à dix ans, et 92 à 97 couronnes sur 100 à cinq ans. La première cause de reprise est la fracture, rarement la carie.
De quoi parle-t-on ?
Une dent du fond, prémolaire ou molaire, porte sur sa face de mastication des reliefs qu’on appelle cuspides : ce sont ses pointes. Entre elles, des sillons. Les quatre restaurations dont il est question ici se distinguent par ce qu’elles recouvrent de ce relief.
L’inlay est une pièce qui se loge dans la dent, entre les cuspides, à la place d’une carie ou d’un ancien plombage. L’onlay se loge dans la dent et recouvre en plus une ou plusieurs cuspides affaiblies. L’overlay recouvre toutes les cuspides : la face de mastication est refaite en entier, mais les faces latérales de la dent sont conservées. La couronne est une coiffe qui entoure toute la dent, faces latérales comprises, ce qui suppose de la réduire tout autour.
Les trois premières sont fabriquées hors de la bouche, au laboratoire ou par usinage d’après une empreinte numérique, en céramique le plus souvent, parfois en composite, puis collées à la dent. La couronne est elle aussi fabriquée à part, puis collée ou scellée. La page du soin décrit l’esprit de ces restaurations partielles.
Qu’est-ce qui décide entre les trois ?
Ce qu’il reste de la dent, et dans quel état. Une paroi fine, une cuspide fissurée ou minée par une ancienne carie ne tiendra pas seule sous la mastication : on la recouvre. Une paroi épaisse et saine est conservée. La règle est donc la même pour tous : recouvrir ce qui est fragile, garder ce qui est solide.
D’autres éléments entrent dans la décision. Une dent dévitalisée, souvent très délabrée, demande plus souvent un recouvrement des cuspides. Les forces comptent : chez une personne qui serre ou grince des dents, une restauration partielle casse plus souvent. Et le collage a ses conditions : de l’émail sur les bords, une dent qu’on peut isoler de la salive pendant la pose.
La couronne n’est pas un « plus » qu’on choisirait par sécurité. Elle retire davantage de dent sur des faces qui, souvent, n’ont rien. Elle garde ses indications, décrites plus bas ; ailleurs, la pièce partielle collée fait le même travail en gardant plus de dent.
Pourquoi recouvrir les cuspides plutôt que simplement combler ?
Parce qu’une cuspide affaiblie se fend. Quand une carie ou un ancien plombage a creusé la dent, les parois qui restent sont plus fines et plus hautes qu’il n’y paraît ; à chaque mastication, elles fléchissent. Recouvrir la cuspide par la pièce collée répartit les forces sur l’ensemble, au lieu de les concentrer sur la paroi.
Sur les dents dévitalisées, les chiffres sont nets. Dans une étude de 203 dents traitées de racine, celles qui n’avaient pas été recouvertes ont été perdues six fois plus vite que les autres. Dans une autre, portant sur 220 molaires dévitalisées laissées sans recouvrement, un peu plus d’une sur trois était encore en place à cinq ans ; celles qui avaient gardé le plus de dent s’en sortaient mieux, à 78 %.
Il ne s’agit pas de recouvrir systématiquement. Une molaire dévitalisée à laquelle il reste de larges parois épaisses peut être restaurée par un composite bien fait ; l’examen tranche, dent par dent.
Quand la couronne reste-t-elle la bonne réponse ?
Quand il reste trop peu de dent pour coller une pièce partielle de façon fiable, quand les bords de la restauration n’ont plus d’émail, quand une couronne ancienne doit être remplacée, ou quand la dent porte un bridge. Chez une personne qui grince fortement des dents, le recouvrement complet reste souvent plus prévisible.
Un essai récent, sur soixante molaires dévitalisées auxquelles il restait au moins trois parois épaisses, a comparé couronne et composite direct : à trois ans, 93 % des couronnes et 77 % des composites étaient sans problème, un écart qui n’atteint pas le seuil statistique avec cet effectif. Le facteur qui pesait le plus était le grincement des dents. C’est une raison de l’évaluer avant de choisir, ce que détaille l’article sur le bruxisme.
Combien de temps durent-ils ?
Pour les inlays et onlays en céramique, une méta-analyse de quatorze études, portant sur plus de 5 800 restaurations, estime qu’entre 92 et 95 % sont en place à cinq ans, et 91 % à dix ans. Les causes de reprise, dans l’ordre : la fracture de la pièce, 4 % ; un problème de nerf, 3 % ; une carie au bord ou un décollement, 1 % chacun. Les dents dévitalisées échouent davantage.
Pour les couronnes unitaires, une revue de 67 études, portant sur plus de 14 000 couronnes, trouve à cinq ans 94,7 % de survie pour les couronnes céramo-métalliques et 96,6 % pour celles en vitrocéramique renforcée, comme le disilicate de lithium. Les céramiques les plus fragiles sont réservées aux dents de devant.
Sur les dents dévitalisées restaurées par onlay ou overlay collé, une méta-analyse récente compte 4 % d’échecs entre deux et quatre ans, et environ 10 % au-delà de sept ans ; la plupart de ces échecs se réparent sans perdre la dent. Ces chiffres ne se comparent pas terme à terme, parce que les dents et les suivis diffèrent d’une étude à l’autre ; ils disent surtout qu’une pièce partielle bien indiquée n’est pas une solution au rabais.
Composite ou céramique pour la pièce ?
La céramique tient mieux dans le temps, garde son état de surface et se polit peu ; le disilicate de lithium, résistant et collable, est aujourd’hui le matériau le plus courant pour ces pièces. Une épaisseur d’au moins deux millimètres sur la face de mastication réduit le risque de fracture.
Le composite, en pièce fabriquée au laboratoire ou modelé directement dans la dent, se répare plus facilement et coûte moins cher. Les essais qui comparent un inlay en composite fabriqué au laboratoire et un composite fait directement en bouche ne trouvent pas de différence de survie à cinq et à onze ans ; c’est l’étendue du défaut qui fait préférer la pièce collée, quand plusieurs cuspides sont concernées.
Comment se déroule le traitement, et combien coûte-t-il ?
Deux rendez-vous, le plus souvent. Au premier, la dent est nettoyée de sa carie ou de son ancienne restauration, préparée seulement là où c’est nécessaire, puis une empreinte numérique est prise ; une pièce provisoire protège la dent. Au second, la pièce définitive est essayée, puis collée sous isolation, à l’abri de la salive, et l’occlusion est vérifiée : la façon dont la dent rencontre celle d’en face est ajustée au besoin.
Le collage est l’étape qui fait tenir l’ensemble. Il demande une dent propre et sèche, un traitement de la surface de la pièce, et du temps. Une fois collée, la pièce fait corps avec la dent : c’est l’ensemble qui reprend les forces de la mastication.
Au cabinet, un onlay ou un overlay en céramique est facturé de 720 € à 850 € ; une couronne tout céramique, de 900 € à 1 400 €, en fonction de la complexité. Un devis écrit est remis après l’examen, avant toute décision. Le détail figure sur la page des honoraires.
Et après : entretien, contrôle, réparation
Une pièce collée s’entretient comme une dent : brossage, nettoyage entre les dents, où la carie de bord peut se former, et contrôles réguliers. Le contrôle vérifie les bords, les contacts, et l’absence de fissure.
Un éclat de céramique peut souvent être poli ou réparé en bouche ; une fracture plus large conduit à refaire la pièce, en général sans toucher au reste de la dent. Si vous serrez ou grincez des dents, une gouttière de protection la nuit protège la pièce comme les dents voisines.
Questions fréquentes
Un onlay est-il moins solide qu’une couronne ?
Pas quand il est indiqué. Les études trouvent des durées proches, avec des dents et des situations différentes. L’onlay tient par le collage sur ce qui reste de dent ; c’est quand ce reste est trop faible que la couronne reprend l’avantage.
Peut-on poser un inlay ou un onlay sur une dent dévitalisée ?
Oui, et c’est fréquent. Sur une dent dévitalisée, on recouvre plus volontiers les cuspides, par un onlay ou un overlay, parce qu’elles sont plus fragiles. Le choix dépend de ce qu’il reste de dent.
Que se passe-t-il si la pièce se fracture ?
Un petit éclat se polit ou se répare. Une fracture plus importante demande une nouvelle pièce, faite d’après une nouvelle empreinte, sans reprendre davantage de dent en général.
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