À retenir
- Blanchiment et éclaircissement désignent le même soin : un gel au peroxyde qui éclaircit la teinte des dents naturelles, sans les tailler.
- Au cabinet, il est facturé de 600 € à 800 € selon la durée du traitement, gouttières, photographies, gel et contrôle compris. Il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.
- Le traitement dure le plus souvent deux à trois semaines ; certaines colorations demandent davantage.
- Le résultat tient en général plusieurs années ; si la teinte a évolué, une retouche est possible après un contrôle, souvent avec les mêmes gouttières.
Blanchiment ou éclaircissement : quelle différence ?
Aucune : les deux mots désignent le même soin. Les dentistes parlent plutôt d’éclaircissement, parce que le gel ne rend pas les dents « blanches » : il éclaircit leur teinte naturelle, en agissant à travers l’émail, sans le retirer.
Ce qui distingue le blanchiment chez le dentiste, c’est d’abord le produit. Dans l’Union européenne, un produit vendu au public ne peut contenir ni libérer plus de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène. Au-delà, et jusqu’à 6 %, le produit n’est vendu qu’aux chirurgiens-dentistes : à chaque cycle de traitement, la première application se fait par le dentiste ou sous sa supervision directe, puis le produit est remis au patient pour la suite ; il ne doit pas être utilisé avant 18 ans1. Le gel prescrit au cabinet, du peroxyde de carbamide à 10 %, libère l’équivalent de 3,6 % de peroxyde d’hydrogène2.
Les dentifrices dits « blanchissants » agissent autrement : le plus souvent, de légers abrasifs retirent des taches de surface, sans changer la couleur de fond de la dent.
Combien coûte un blanchiment chez le dentiste, et est-il remboursé ?
Au cabinet, l’éclaircissement en gouttières est facturé de 600 € à 800 €, selon la durée du traitement. Le montant comprend tout : les photographies, les gouttières sur mesure, le gel et le contrôle. Il est précisé après le bilan, sur un devis écrit remis avant de commencer ; la fourchette figure aussi sur la page des honoraires.
Le blanchiment est un acte à visée esthétique : il n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie. Certaines complémentaires santé prévoient un forfait pour les soins non remboursés ; c’est à vérifier auprès de la vôtre, devis en main.
Combien de temps dure le traitement ?
Le plus souvent deux à trois semaines, les gouttières étant portées chaque soir le temps indiqué pour le gel. C’est aussi la durée de nombreux essais cliniques : dans l’un d’eux, le peroxyde de carbamide à 10 %, porté deux heures par jour pendant trois semaines, a donné le même résultat qu’un gel à 16 %, avec moins de sensibilité3.
Certaines colorations demandent plus de temps : des dents grisées par des antibiotiques de la famille des tétracyclines, pris dans l’enfance, ont été traitées six mois dans une étude de suivi4. À l’inverse, porter les gouttières moins longtemps chaque jour que prévu réduit la sensibilité, mais aussi, sur la plupart des mesures, l’éclaircissement5.
La teinte se juge à la fin du traitement, puis quelques semaines plus tard : un peu déshydratées, les dents paraissent d’abord plus claires, puis leur couleur se stabilise. Le déroulement du traitement, étape par étape.
Quel résultat attendre, et combien de temps tient-il ?
Dans une étude au long cours, le gel à 10 % a éclairci les dents de 98 % des participants6. L’ampleur du changement dépend de la teinte de départ, de l’épaisseur de l’émail et de l’origine de la coloration : aucune teinte précise ne peut être promise à l’avance.
Le résultat tient en général plusieurs années, avec de grands écarts d’une personne à l’autre. Dans la même étude, l’éclaircissement se maintenait chez 82 % des participants, revus en moyenne près de quatre ans plus tard6. Dans un suivi de 31 patients, dix à dix-sept ans après le traitement, six sur dix n’avaient jamais refait d’éclaircissement ; parmi eux, la plupart de ceux qui ont répondu se disaient satisfaits de leur teinte actuelle, pleinement ou en partie7.
La teinte peut foncer avec le temps : deux ans après le traitement, dans un essai, plus de deux participants sur trois décrivaient un retour de couleur léger à modéré, mais les dents restaient en moyenne plus claires qu’au départ8. Une retouche peut alors se faire, après un contrôle au cabinet, avec les mêmes gouttières si elles restent adaptées. Aucun régime « blanc » n’est nécessaire : les études n’ont pas montré qu’éviter le café ou le thé change le résultat9.
Ses limites et ses effets indésirables
Il n’éclaircit que les dents naturelles : les couronnes, les facettes et les composites ne s’éclaircissent pas10. Une restauration visible peut donc paraître plus foncée après le traitement ; si elle doit être refaite, elle l’est ensuite, une fois la teinte stabilisée.
Une dent dévitalisée devenue sombre se traite autrement, souvent par un éclaircissement interne, selon son état. Les taches blanches, elles, ont leurs propres traitements.
Une sensibilité dentaire, souvent au froid, et une irritation de la gencive sont les effets indésirables les plus fréquents : dans l’étude au long cours citée plus haut, deux participants sur trois avaient ressenti l’une ou l’autre pendant le traitement, et plus aucun à la fin de l’étude6. Ces effets sont en général légers et passagers11. Ce que disent les études sur l’émail, la gencive et la sensibilité.
Pour savoir ce qui s’applique à vos dents, un examen reste nécessaire.
Prendre rendez-vousQuestions fréquentes
Le blanchiment au fauteuil est-il plus efficace ?
Non, d’après les études : une revue de 2025 ne trouve aucun avantage au fauteuil, ni pour le résultat ni pour la sensibilité, avec des preuves de faible niveau12. Au cabinet, l’éclaircissement se fait en gouttières.
À partir de quel âge peut-on blanchir ses dents ?
À partir de 18 ans : avant, la réglementation européenne interdit les gels plus concentrés que ceux de la vente libre1. Pendant la grossesse et l’allaitement, le traitement est reporté par précaution.
Références
- Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, annexe III, numéro d’ordre 12 (peroxyde d’hydrogène), dans sa rédaction issue du règlement (UE) n° 344/2013 de la Commission du 4 avril 2013, JOUE L 114 du 25 avril 2013, qui reprend la directive 2011/84/UE du Conseil du 20 septembre 2011, JOUE L 283 du 29 octobre 2011.
- Conseil des dentistes européens (CED). Lignes directrices du CED pour interpréter et adapter la directive du Conseil 2011/84/UE sur les produits d’éclaircissement des dents. CED-DOC-2012-061-F, 29 août 2012 (traduction CNSD).
- Meireles SS, Heckmann SS, Leida FL, et al. Efficacy and safety of 10% and 16% carbamide peroxide tooth-whitening gels: a randomized clinical trial. Oper Dent. 2008;33(6):606-612. doi:10.2341/07-150
- Leonard RH, Haywood VB, Eagle JC, et al. Nightguard vital bleaching of tetracycline-stained teeth: 54 months post treatment. J Esthet Dent. 1999;11(5):265-277. doi:10.1111/j.1708-8240.1999.tb00408.x
- de Melo PBG, Souza LVS, Maia LC, et al. Effect of the reduction in the exposure time to at-home bleaching gel on color change and tooth sensitivity: a systematic review and meta-analysis. Clin Oral Investig. 2024;28(12):679. doi:10.1007/s00784-024-06036-z
- Leonard RH, Bentley C, Eagle JC, et al. Nightguard vital bleaching: a long-term study on efficacy, shade retention, side effects, and patients’ perceptions. J Esthet Restor Dent. 2001;13(6):357-369. doi:10.1111/j.1708-8240.2001.tb01021.x
- Boushell LW, Ritter AV, Garland GE, et al. Nightguard vital bleaching: side effects and patient satisfaction 10 to 17 years post-treatment. J Esthet Restor Dent. 2012;24(3):211-219. doi:10.1111/j.1708-8240.2011.00479.x
- Meireles SS, Santos IS, Bona AD, Demarco FF. A double-blind randomized clinical trial of two carbamide peroxide tooth bleaching agents: 2-year follow-up. J Dent. 2010;38(12):956-963. doi:10.1016/j.jdent.2010.08.003
- Hardan L, Bourgi R, Flores-Ledesma A, et al. Is a white diet necessary for tooth bleaching procedures? A systematic review and meta-analysis. Dent J (Basel). 2024;12(4):118. doi:10.3390/dj12040118
- American Dental Association. Oral Health Topics: Whitening. ada.org, page mise à jour le 16 août 2022, consultée le 6 novembre 2026.
- Eachempati P, Kumbargere Nagraj S, Kiran Kumar Krishanappa S, et al. Home-based chemically-induced whitening (bleaching) of teeth in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2018;12(12):CD006202. doi:10.1002/14651858.CD006202.pub2
- de Geus JL, Martins A, Reis A, Rezende M. At-home vs in-office bleaching: an updated systematic review and meta-analysis. Oper Dent. 2025;50(4):E47-E69. doi:10.2341/24-078-LIT

